MES PROVINCIALES JEAN-PAUL CIVEYRAC, LE CŒUR BATTANT D’UNE JEUNESSE

Mes Provinciales Jean-Paul Civeyrac couleur-bulle.fr Sabine Vaillant

Chaque jour je vis /De courage, de foi/ Et meurs chaque nuit/ Aux feux de l’extase. (Hymne à la nuit –Novalis – 1800)

Mes Provinciales  est l’inspirateur de la Rétrospective Jean Paul Civeyrac à La Cinémathèque française qui projetait le film en avant première.

Jean- Paul CiveyracActeurs Mes ProvincialesLa cinémathèque – 9 avril 2018

Le parcours personnel d’étudiant puis de professeur à la Femis de Jean Paul Civeyrac affleure dans son film. Le cinéaste entouré de sa nouvelle génération d’acteurs talentueux a salué les résonances de Mes Provinciales avec Rendez-vous de juillet filmé par Jacques Becker – 1949, soulignées par Frédéric Bonnaud.

Mes Provinciales ou A Paris Education Jean Paul Civeyrac

Synopsis : Étienne monte à Paris pour faire des études de cinéma à l’université. Il y rencontre Mathias et Jean-Noël qui nourrissent la même passion que lui. Mais l’année qui s’écoule va bousculer leurs illusions…

Mes ProvincialesJean Paul Civeyrac

Andranic Manet (Étienne) – Mes ProvincialesJean Paul Civeyrac

Étienne prend le train à Lyon. Sur le quai Lucie, sa petite amie, le regarde partir vers sa nouvelle vie d’étudiant en cinéma. En master à Paris VIII, il rencontre Jean-Noël , sympa et Mathias la grande gueule, précédé de son aura mystérieuse. Un peu seul avec ses idées plein la tête, il découvre les joies de la colocation avec ses fêtes,  ses amours, ses discussions et la question centrale : les actes qui ne sont pas en conformité avec les paroles en référence à Les Provinciales de Pascal. Lucie s’inquiète de la distance qui impacte leur relation. Les parents d’Étienne le soutiennent. Étienne travaille à son projet de films, écoute de la musique, lit, sort, suit les débats pendant les cours un peu en retrait intrigué par Mathias souvent frontal avec ses réparties cinglantes sur les films des autres.

Andranic Manet (Étienne) – Sophie Verbeeck (Annabelle) – Mes ProvincialesJean Paul Civeyrac

La vie étudiante emprunte les méandres des états d’âme de la promo, des amours, du degré d’avancement des films de chacun. Étienne suit la tangente de l’engagement d’Annabelle dans l’aide aux migrants, seule réponse possible au monde actuel, selon elle. Annabelle le bouleverse autant qu’elle l’attire. Jean-Noël s’investit dans le tournage du film d’Étienne tandis que Mathias est aux abonnés absents.

Mes ProvincialesJean Paul Civeyrac

Étienne découvre un matin que Jean-Noël le plante pour le film de Mathias. Chamboulé, ses convictions vacillent. Il change. La fin d’année se profile, avec la question de l’avenir. Un drame survient et tire Étienne vers sa vie.

Mes Provinciales emprunte la forme du roman d’apprentissage en écho aux œuvres de Balzac et Flaubert. Jean Paul Civeyrac filme magnifiquement les doutes et les espoirs d’Étienne et de son microcosme artistique, nourris au cinéma, à la littérature, à la musique. Superbe le baiser avec Valentina, les visages qui s’approchent petit à petit, avec des ombres mais aussi les scènes dans Paris. Le noir et blanc prend les couleurs des variations des aspirations, rêves, capacités, de ces étudiants confrontés à la réalité du métier. Jean Paul Civeyrac saisit l’instant de mue de ces étudiants, avec tout ce qu’elle peut comporter de beau, de poésie, de magie, mais aussi d’incertitude, de fragile, de brutal et de douloureux.

Mes Provinciales un très beau film, marquant, dont la lumière imprimera longtemps les pupilles.

 

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  • Mes Provinciales ou A Paris Education ( version l’internationale)Jean Paul Civeyrac 2017 – 136 min

France

Sortie nationale : 18 avril 2018

AVEC :

Andranic Manet : Étienne

Corentin Fila : Mathias

Gonzague Van Bervesselès : Jean-Noël

Diane Rouxel : Lucie

Jenna Thiam : Valentine

Sophie Verbeeck : Annabelle

Charlotte Van Bervesselès : Héloïse

JEAN-PAUL CIVEYRAC

Jean Paul Civeyrac – UniFrance

Scénariste et réalisateur né en 1964 à Firminy (Loire), étude de Philosophie à université de Lyon, Femis (1991) où il réalise le court métrage : La
Vie selon Luc  -1991, sélectionné en compétition à Cannes.

  • FILMOGRAPHIE

2017 : Mes Provinciales

2016 : Un Jour de Blues chez Elena

2014 :  Mon amie Victoria

2012 : Françoise au Printemps

2011 : Louise, le Dimanche

Une Heure avec Alice

2010 : Des filles en noir

2005 : A travers la Forêt

2002 : Le Doux amour des Hommes

2003 : Toutes ces belles Promesses

2001 : Fantômes

2000 : Les Solitaires

1997 : Ni D’Eve, ni D’Adam

  • JEAN- PAUL CIVEYRAC Rétrospective

4-11 avril 2018

La Cinémathèque française

51, rue de Bercy 75012 Paris

http://www.cinematheque.fr

RAINER WERNER FASSBINDER, PUISSANTE FIGURE DU NOUVEAU CINÉMA ALLEMAND

Fleurs et feuilles, fleurant bon le printemps parisien, saluaient ce 11 avril Rainer Werner Fassbinder et ses quarante films dans le cadre de la rétrospective que lui consacre la Cinémathèque française jusqu’au 16 mai.

Avec en ouverture Le Droit du plus fort accompagné par Juliane Lorenz présidente de la Fondation Rainer Werner Fassbinder et l’actrice Hanna Schygulla. Cette dernière a souligné l’intérêt du public pour les films de Fassbinder qu’aurait apprécié le cinéaste attachée à la vie de son œuvre. La différence de classe sociale ne s’arrête pas au seuil de la maison a-telle insisté en parlant du film,  c’est la soif qui fait aimer l’eau a-t-elle rappelé en convoquant les poètes.

Juliane Lorenz – Cinémathèque française – 11 avril 2018

Hanna Schygulla – Cinémathèque française – 11 avril 2018

Synopsis – Le Droit du plus fort – Rainer Werner Fassbinder Un jeune homosexuel paumé, qui vient de perdre son boulot et son petit ami arrêté par la police, gagne à la loterie. Il tombe amoureux d’un bourgeois, mais celui-ci se révèle être particulièrement intéressé par l‘argent.

Franz Biberkopf  – Le Droit du plus fortRainer Werner Fassbinder – 1974

Le Droit du plus fort –  Rainer Werner Fassbinder – 1974 Dans un parc d’attraction forain, la foule se presse autour d’une scène où le manager présente les artistes. Il est interrompu par la police venue l’arrêter. Plus de travail ni d’amour pour Fox, Franz Biberkopf à la ville. Il erre en ville, tentant de soutirer 10 marks à sa sœur pour jouer à la loterie, persuadé comme toujours qu’il va gagner. Il finit par se rendre sur ses lieux de drague. Il monte dans la voiture de Max, antiquaire, se débrouille pour obtenir l’argent de la loterie, commence la soirée avec les amis de Max et finit dans le lit de Eugen, fils de bourgeois. Quelque temps plus tard, Eugen perd son appartement à cause de son homosexualité et apprend les gains de Franz Biberkopf à la loterie. S’enclenchent alors l’achat d’un appartement, de meubles et de vêtements coûteux par Franz, téléguidés par son amant. Eugen va jusqu’à le faire entrer dans son cercle familial pour sauver l’entreprise de son père. Aveuglé par l’amour et la différence de classe, Franz se laisse dépouiller.

Franz Biberkopf  – Le Droit du plus fortRainer Werner Fassbinder -1974

Le Droit du plus fort, Fassbinder met en scène la relation entre deux homosexuels Franz le prolo qu’il interprète tout en sensibilité et Eugen le bourgeois, dans le contexte des années 1970. Sous couvert d’amour, Eugen, manipulateur avisé, dépouille Franz de son argent gagné à la loterie. Il tente pour cela de façonner Franz à son image, le moquant parce qu’il ne possède pas les manières de cette société, se servant de lui, faisant miroiter l’appartenance à une famille, à un milieu. Franz se laisse abuser et perdra jusqu’à sa sœur, seule attache familiale. Le Droit du plus fort une lente, cruelle, poignante descente organisée avec cynisme par Eugen, famille et amis pas solidaires.

  • Le Droit du plus fort – Rainer Werner Fassbinder – 1974

République fédérale d’allemagne – 123 min

Sortie en salles par Carlotta Films : 02 mai 2018

 

Hanna Schygulla – Fassbinder – Giancarlo Giannini – Sur le tournage de Lili Marleen – 1980

Rainer Werner Fassbinder naît en 1945 en Allemagne d’un père médecin et d’une mère traductrice qu’il emploiera comme actrice. Il se forme seul en exerçant différents métiers, produit son premier court-métrage en 1965, se tourne vers le théâtre, écrit. Ses films sont le reflet de la société avec sa violence de classe et le refoulé de son passé. Le cinéaste meurt en 1982.

L’Amour est plus froid que la mort – 1969 – Rainer Werner Fassbinder

Le Bouc – 1969 –Rainer Werner Fassbinder

Prenez Garde à la sainte putain – 1970 – Rainer Werner Fassbinder

Anna Karina – Roulette chinoise – 1976 – Rainer Werner Fassbinder

Hanna Schygulla – Lili Marleen  d’après le roman Der himmel hat viele  farben de Lale Andersen- 1980 – Rainer Werner Fassbinder

 

 

 

 

Querelle – 1982 – dernier film – Rainer Werner Fassbinder – 

Sans attendre, poussez la porte de l’imposante œuvre cinématographique et télévisuelle traversée par une quête d’identité personnelle de Rainer Werner Fassbinder, cinéaste habité par le « besoin de raconter ses histoires », jusqu’au 16 mai 2018 à la Cinémathèque française.

 

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  • Lecture – 21 avril 19 h

J’aimerais bien prendre part encore une fois à la vie des hommes

Texte et propos de R. W. Fassbinder lus par Pierre Maillet

suivie de Projections :

Le Clochard – 1965 – 10 min

Le Petit Chaos – 1969 – 9 min

  • Conférence :  Fassbinder et Döblin, Histoire d’une dévoration par Alban Lefranc – Jeudi 19 avril – 19 h
  • Sortie 18 Avril

Sortie 25 avril

 

RAINER WERNER FASSBINDER

Rétrospective

11 avril – 16 mai 2018

La Cinémathèque française

51, rue de Bercy 75012 Paris

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LIBERTAD, LA COSMOGONIE DE MADEMOISELLE MAURICE A LA GALERIE MATHGOTH

 

Net-Candeur – Toile – Mademoiselle Maurice – Courtesy Mathgoth Gallery

 

Les oiseaux de Mademoiselle Maurice se posent à la Galerie Mathgoth pour Libertad jusqu’au 12 mai. L’origamiste y déploie ses talents avec une trentaine d’œuvres habitées par voyages et rencontres, autour de l’éclat argenté des oiseaux du jardin intérieur.

Dès l’entrée le souffle de la liberté interpelle le visiteur avec des cages d’oiseaux vides, aux portes explosées, entourées d’un nuage d’oiseaux. Ils se balancent au gré des déplacements d’air en compagnie de poissons, mettant en scène la comptine Mon poisson rouge ayant appris que les oiseaux vivaient sans cages se dit un jour : et moi aussi je voudrai voir du beau pays …

Net – Decadence 97×149 cm – acrylique, aérosol et pliages papiers  sur Toile – Mademoiselle Maurice -2018- Courtesy Mathgoth Gallery

L’artiste porte haut l’enjeu de la biodiversité en l’inscrivant dans son cercle chromatique traversé par celui des oiseaux, percé par les plantes qui poussent comme des flèches de liberté, la hissant à fleur de ciel dans ses compositions lumineuses de jour comme de nuit.

Net- Nocturnes -Toile – Mademoiselle Maurice – Courtesy Mathgoth Gallery

Plus loin vers l’astre de la nuit, les plantes décochent leurs flèches de vitalité trouant la nuit, rejoignant le cercle que dessinent les oiseaux porteurs des ailes du désir d’un monde vivable pour tous.

 Net – Sacré-Toile – Mademoiselle Maurice – Courtesy Mathgoth Gallery

Liberté j’écris ton nom à la manière de Mademoiselle Maurice. Libre elle l’est et le restera, gravé dans les plis de ses origamis qui espérons, s’épanouiront en une nouvelle fresque porteuse de Libertad.

 

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MADEMOISELLE MAURICE

Libertad

6 avril – 12 mai 2018

Galerie Mathgoth

34, rue Hélène Brion -75013 Paris

www.mathgoth.com

LA MALADIE ALZHEIMER 100 CONSEILS ESSENTIELS MARC VERNY

LA MALADIE ALZHEIMER

100 CONSEILS ESSENTIELS

De Marc Verny, Violaine Chatal

Éditions Solar, janvier 2018, 309 pages

Pr MARC VERNY

© L. Dentiger GHPS

Neurologue, professeur de gériatrie à l’UPMC Paris (Université Pierre et Marie Curie). Responsable du centre de gériatrie à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris, depuis 2001, animateur de la consultation mémoire gériatrique du site Pitié-Salpêtrière, Marc Verny a également créé un enseignement national (DIU) de neuro-gériatrie, qu’il codirige.

Membre du Conseil national des universités, des conseils scientifiques de la Société française de gériatrie et de gérontologie et de l’association France Alzheimer.

LE LIVRE

La Maladie Alzheimer, 100 conseils essentiels

QU’EST-CE QUE LA MALADIE D’ALZHEIMER, LE DIAGNOSTIC, LES FACTEURS DE RISQUE, LA PRÉVENTION, LE TRAITEMENT, LA PRISE EN CHARGE, LES MANIFESTATIONS DE LA MALADIE, L’ACCOMPAGNEMENT AU QUOTIDIEN.

Huit chapitres Pour comprendre la maladie d’Alzheimer, troisième maladie la plus crainte des français. Car liée à l’âge, mais aussi parce qu’elle peut aboutir à la perte de toute capacité décisionnelle et d’autonomie. Et qu’elle renvoie à notre mode de vie moderne auquel sont associés la sédentarité, l’obésité, le diabète et le tabagisme, facteurs de risque de développer un jour la maladie d’Alzheimer comme l’explique Marc Verny dans son introduction. Ajoutant que la crainte qu’elle inspire est proportionnelle à la méconnaissance de cette maladie.

Chaque chapitre se subdivise en questions qui abordent le thème annoncé avec les réponses et souvent un Zoom sur un point particulier, un Conseil pratique ou des paragraphes pour aborder d’autres maladies apparentées par exemple, une rubrique Bon à savoir.

MA BULLE PERSO

Le livre répond de façon simple et directe aux questions essentielles sur la maladie d’Alzheimer que chacun se pose ou se posera : patients, aidants, professionnelles de santé sans éluder mais avec des arguments scientifiques clairs et accessibles, des réponses pratiques sur : le quotidien, le comportement des malades, comment les accompagner au mieux, les troubles associés à la maladie, les types d’aides, les associations, le choix du placement, les financements.

La Maladie Alzheimer 100 conseils essentiels du Pr Marc Verny, un livre précieux, un guide pour connaître, comprendre et combattre la maladie d’Alzheimer dans toutes ses dimensions à un rythme choisi, selon ses priorités, dans l’ordre qui vous convient, grâce à sa structure en questions – réponses.

 

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NUL HOMME N’EST UNE ÎLE – DOMINIQUE MARCHAIS : ARCHIPELS D’INTELLIGENCE COLLECTIVE

 

Nul homme n'est une île Dominique Marchais couleur-bulle.fr Sabine Vaillant

Nul homme n’est une île Dominique Marchais

SYNOPSIS Nul Homme n’est une île est un voyage en Europe. Des agriculteurs de la coopérative les Galline Felici en Sicile aux architectes, artisans et élus des Alpes suisses et du Voralberg en Autriche : tous font de la politique à partir de leur travail et se pensent un destin commun.

Le local serait-il le dernier territoire de l’utopie ?

Nul homme n’est une île Dominique Marchais – 96 minutes

Nul homme n’est une île Dominique Marchais – 2017

Sienne son Palazzo Pubblico et la Salle des Neuf où sur trois murs vivent les fresques Effets du Bon et du Mauvais Gouvernement, commande du gouvernement de la ville, de Ambrogio Lorenzetti datant de 1337-1340.

Effets du Bon et du Mauvais Gouvernement -1337-1340 – Ambrogio Lorenzetti

Chiara Frugoni, historienne spécialiste du Moyen-Âge décrypte les scènes du Bon Gouvernement que la caméra souligne, mettant en avant leur caractère novateur avec des personnages représentés au travail et un pouvoir qui n’est plus uniquement de droit divin mais détenu par des citoyens. La caméra suit l’arrondi des collines, s’attarde sur les arbres, les cultures soulignant la beauté des paysages, laissant dire que pour les Siennois de l’époque la cité c’est la ville et sa campagne. Elle passe ensuite à la confrontation avec l’allégorie du Mauvais Gouvernement pour amener à réfléchir sur les répercussions des choix politiques dans la société contemporaine.

La caméra dévoile une coopérative Les Galline Felici (Poules heureuses) en Sicile, dans la région de Catane, au pied de l’Etna avec un des co-fondateurs Roberto Li Calzidans.

Roberto Li Calzidans – Nul homme n’est une île 2017 – Dominique Marchais

Les paysages superbes avoisinent aussi les pistes d’aéroport, l’autoroute ou les voies de chemins de fer, l’heure n’est plus à l’agrumiculture.

Nul homme n’est une île 2017 –Dominique Marchais

Pourtant, Les Galline Felici regroupent des producteurs d’agrumes, d’herbes aromatiques comme Gabriele Proto, des éleveurs, chacun a le même poids et c’est par leur exemple qu’ils veulent que l’économie sociale devienne l’économie tout court.

Nul homme n’est une île Dominique Marchais – 2017- Galline Felici

Le contexte de cette coopérative entrepreneuriale n’est pas facile même si les caisses d’oranges rejoignent les villes européennes comme le souligne Barbara Piccioli, productrice d’oranges expliquant qu’elle paie le pizzo (impôt mafieux), peu élevé car la région est pauvre, et qu’ainsi au moment de la récolte elle n’est plus volée même si elle ne voit jamais l’hypothétique gardien. Mais à défaut de compter sur les banques, Les Galline Felici peuvent compter sur leurs clients quand il s’agit d’avancer la trésorerie pour que la récolte commence.

Nul homme n’est une île Dominique Marchais – 2017- Galline Felici

Place à Vrin, canton des Grisons, en Suisse, et aux étudiants en architecture de Gion A. Caminada, venus pour une séance de travail. Dans ce village alpin, la vie est là grâce aux habitants et à cet architecte qui pose aussi la question du lieu de son cabinet d’architecte. Vrin n’est pas devenu un village de résidences secondaires grâce entre autre à l’architecture avec ses bâtiments agricoles en bois, élégants, intégrés et adaptés à une agriculture moderne. L’artisanat perdure, une petite filière autonome avec un abattoir et un magasin assurent la viabilité de l’économie locale.

Nul homme n’est une île Dominique Marchais – 2017

C’est au tour d’une magnifique région plus riche du Vorarlberg ou le « landle » en Autriche , près du lac de Constance, d’entrer dans le champs de la caméra. Avec Marcus Faißt, menuisier qui expose tranquillement sa volonté de ne pas agrandir sa menuiserie pour lui garder sa taille humaine. Il explique l’intérêt de choisir un arbre à maturité pour une réalisation donnée et de ne pas surexploiter la forêt pour conserver le pin blanc, une essence qui s’éteint ailleurs. Josef Mathis, ancien maire de Zwischenwasser, tout en montrant les réalisations école, collège, insiste sur la coopération, la synergie entre villageois pour que chacun soit concerné, donne de sa force de travail, et s’approprie le projet. Manfred Hellerigl, fonctionnaire du service raconte l’étonnant Bureau des Questions du Futur où des agronomes, des sociologues, des économistes peuvent être saisis par citoyen, maire, entreprise, collectif, pour réfléchir à des questions de : transition, démocratie, écologie, gouvernance… L’approche de Bernardo Bader, architecte du mouvement des Baukünstier (artistes de la construction), avec sa construction de bois en plein champs, véritable boite photo depuis laquelle les villageois viennent admirer leur paysage et le redécouvrir. Il raconte préférer développer sa région en construisant un cheminement de bois à la découverte des tourbières plutôt que d’y construire des résidences secondaires. Ainsi va le « landle » mobilisée dans la transition énergétique.

Nul homme n’est une île Dominique Marchais – 2017

La caméra retrouve la fresque du Bon et du Mauvais gouvernement. Avec elle ,« C’est la première fois qu’un paysage devient narratif. » soutient Chiara Frugoni.

Nul homme n’est une île de Dominique Marchais un film superbe où la nature en majesté reprend ses droits avec et pour les hommes, où l’univers des possibles devient réalité.

Nul homme n’est une île Dominique Marchais – 96 minutes

2017 – France

Sortie nationale : 4 avril 2018

« Nul homme n’est une île, un tout, complet en soi ; tout homme est un fragment du continent, une partie de l’ensemble ; si la mer emporte une motte de terre, l’Europe en est amoindrie, comme si les flots avaient emporté un promontoire, le manoir de tes amis ou le tien ; la mort de tout homme me diminue, parce que j’appartiens au genre humain ; aussi n’envoie jamais demander pour qui sonne le glas : c’est pour toi qu’il sonne. » Premier vers d’un poème de John Donne,   début du 17 ème siècle

 

Sabine Vaillant

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DOMINIQUE MARCHAIS

Réalisateur a étudié la philosophie, ancien critique de cinéma aux Inrockuptibles. Il travaille sur les relations entre paysage et politique à travers la forme du cinéma documentaire. Le Temps des grâces état des lieux sur la modernisation agricole, constitue le volet « histoire » d’un travail sur la France rurale contemporaine, dont La Ligne de partage des eaux, en s’inscrivant dans le bassin versant de la Loire pour dépeindre un certain état du paysage français, est le volet « géographique ».

FILMOGRAPHIE

2017 : Nul homme n’est une île. Entrevues, Festival de Belfort – Grand Prix 2017

2014 : La Ligne de partage des eaux. Festival international du film de la Roche-sur-Yon,

Entrevues, Festival de Belfort

2010 : Le Temps des grâces. Festival international du film de Locarno, États généraux du documentaire, Lussas. Entrevues, Festival de Belfort

2003 : Lenz échappé, court-métrage. Festival du film de Vendôme – Prix spécial du jury, Festival international du court-métrage de Clermont-Ferrand, Festival du court de Paris, Entrevues, Festival de Belfort

DANS LE SILLAGE DE LA PREMIÈRE QUINZAINE DES RÉALISATEURS

Ouverture de L’Édition 1969 de la Quinzaine des Réalisateurs, Rétrospective à La Cinémathèque française pour un plongeon dans le cinéma planétaire dans le cadre du 50e anniversaire de Mai 1968.

La Cinémathèque programme un fac-similé de la folle édition 69 de La Quinzaine des Réalisateurs. Cinquante-sept films réunis sur les soixante-cinq présentés en 1969, les autres ayant disparu. L’air du mois de mai 1968 vibrait alors de la volonté de changement de la société et au-delà des océans et des montagnes, du monde comme le rappelle Arnaud Waintrop. L’Univers des possibles s’ouvrait. Exit le Festival de Cannes, voici « Cinéma en liberté » dirigée par Pierre-Henri Deleau aidé de réalisateurs dont Jacques Doniol-Volcroze qui venaient de créer la Société des Réalisateurs de films. « Cinéma en liberté » devint la Quinzaine des Réalisateurs en 1969 avec la complicité d’un petit bonnet phrygien placé sur un point, rappelle Pierre-Henri Deleau.

 Edouard  Waintrop – Pierre-Henri Deleau – Frédéric Bonnaud – Cinémathèque française 28 mars 2018

Le souffle de mai balaya aussi les écrans de cinéma avec notamment Notre-Dame des Turcs (Nostra signora del turchi)  1968 de Carmelo Bene présenté ce 28 mars 2018.

Notre-Dame des Turcs (Nostra signora del Turchi) – Carmelo Bene
Visions flamboyantes d’un intellectuel décadent originaire des Pouilles : évocation du massacre de la population d’Otrante par les Turcs au XVe siècle, errance dans l’ossuaire des catacombes et délire à Campi Salentina.

Carmelo Bene – Notre-Dame des Turcs (Nostra signora del Turchi) – 1968

Notre-Dame des Turcs (Nostra signora del Turchi) – Carmelo Bene – Italie – 1968 -128 min – Prix spécial du jury au festival de Venise 1968.
Sur des images floues, mouvantes, du palais d’Otrante résonne la voix d’un chevalier chrétien racontant qu’en 1480 alors que les Turcs s’apprêtaient à envahir la ville, il appela sa bien-aimée qui ne put venir. Avec huit cents chrétiens, il refusa de se convertir et fut emmené dans un champs de blé pour être occis. Mais il se réveilla, entouré de cadavres devant un crucifié dans la crypte de la cathédrale, ses yeux bougeaient.
L’époque change, l’homme tente d’échapper aux coups de revolver tirés par un autre lui-même. Il essaie de rejoindre la jeune femme battant les tapis au balcon. Dans sa course il attrape des fleurs, en fait un bouquet et tente de se suicider en basculant par la fenêtre. Raté… une fois de plus… Il avale un médicament pour le foie, jette le flacon puis conduit la prière avec les villageois.
Après un retour aux catacombes, où reposent 270 des martyrs, une femme de martyr lui dit : Je te veux, La Madone répète à l’infini je te pardonne, l’homme est à nouveau au balcon. Un autre homme court pour le sauver mais s’épuise et meurt. Notre homme lui tente d’écrire une lettre, rencontre un éditeur, brûle la lettre, met son appartement à sac… élit domicile sur la place devant le café du village.
Suit une scène de nuit avec les enfants bergers conduisant leur troupeau. Puis une autre avec Sainte-Marguerite dans une barque. Retour dans l’appartement où l’homme se dédouble en moines substituts tantôt de son père, ou de sa mère tandis qu’une jeune femme fait la vaisselle envahie de sauce tomate. Alors que dehors s’abat une pluie torrentielle. L’homme revient dans la cuisine en compagnie de son cheval en armure de chevalier et étreint la jeune-femme. Pour finir, notre homme gît en travers des marches d’un autel. Il dialogue avec Sainte-Marguerite avant que celle-ci s’en retourne… dans son monde.

Notre dame des Turcs entre passé et présent de Otrante et de Carmelo Bene, le spectateur est pris dans une fugue baroque traversée par les personnages et les idées qui cohabitent dans le cerveau d’un homme étranger à lui-même, à la recherche d’un absolu. L’homme porte des bandages, stigmates de l’Histoire qui l’habitent mais aussi ceux du Christ crucifié. Naissent ainsi des séquences surréalistes entrecoupées de déclamations de poèmes, de musique qui parfois s’étirent dans l’infini de la courbure de l’espace-temps. Une scène médusante avec l’homme et son double en moines, saisissante de réalisme : le délire de l’homme qui agit sa folie en convoquant ses tourments : religion, famille, sexe, amour et tuti quanti.

Parmi les 65 films de la Quinzaine des Réalisateurs 1969 :

 La Première Charge à la machetteOctavio Gomez – 1969 – Cuba

 

Le Journal du voleur de ShinjukuNagisa Ôshima – 1969- Japon

 InvasionHugo Santiago – 1969 – Argentine
Nocturno 29 Pere Portebella  – 1969 –  Espagne

 

 

 

 

Paulina s’en vaAndré Téchiné – 1969 – France

Sans barrière, jetez-vous dans le flot éblouissant de cette Rétrospective Hommage à la Quinzaine jusqu’au 3 mai 2018 à la Cinémathèque. Saisissez en le grain de folie de 1968 qui a participé à l’éclosion de grands cinéastes.

Sabine Vaillant

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  • LA QUINZAINE 69 OU UNE ANNÉE DE CINÉMA DANS LE MONDE

31 mars 15 h

Film  + Table ronde avec Edouard  Waintrop, Bruno IcherPierre-Henri Deleau, animée par Gabriela Trujillo

 

La Quinzaine des Réalisateurs, Les jeunes années 1967-1975 – Bruno Icher – illustrations Benoît Grimalt – Editions Riveneuve – 2018

  •  L’ÉDITION 1969 DE LA QUINZAINE DES RÉALISATEURS, RÉTROSPECTIVE 

28 mars – 3 mai 2018

La Cinémathèque française

51, rue de Bercy 75012 Paris

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OCCIDENTAL 1er FILM DE NEÏL BELOUFA

 Occidental est le premier long métrage de fiction du plasticien  Neïl Beloufa. Auto produit et filmé entièrement dans son atelier de Villejuif où le décor a été construit. A la fin du tournage et le temps du montage, décor, studio et atelier ont été transformés en un centre d’art contemporain : OCCIDENTAL TEMPORARY, pendant un an.

 Occidental – Neïl Beloufa

Alors que la révolte gronde dans la rue, à l’hôtel Occidental Antonio et Giorgio, un couple improbable à l’étrange accent italien, réserve la suite nuptiale.

 Idir Chender( Antonio et Paul Hamy (Giorgo) – Occidental –  Neïl Beloufa

Les antennes de Diana, la manager de l’hôtel s’affolent. Persuadée qu’ils vont commettre un vol, scotchée à ses écrans de contrôle, œil et oreille en alerte rouge, elle appelle la police, plongeant l’hôtel dans un état de suspicion avancée.

Anna Ivacheff (Diana) – Occidental de Neïl Beloufa – 2017

Voulant à tout prix cacher ce qu’elle sait d’eux, Diana se justifie maladroitement. Chacun des personnages à son heure, essayera de tirer son épingle du jeu de l’intrigue.

 Idir Chender( Antonio et Paul Hamy (Giorgo) – Occidental –  Neïl Beloufa

Amants ou voleurs, les deux hommes dissimulent-ils leur identité ou sont-ils victimes des préjugés et des peurs qui traversent notre société?

 

 

 

 

 

 

 

Paul Hamy (Giorgo) – Occidental –  Neïl Beloufa

 

Occidental – Neïl Beloufa -73 min . 

Le microcosme de l’hôtel Occidental concentre les problèmes de la société en crise occupée à manifester à l’extérieur. Des idéologies floues, aux questions identitaires, en passant par le délit de faciès, l’homophobie, la menace terroriste, le complot médiatique… tout y passe pour masquer une histoire d’amour. In fine tous les malaises de notre époque défilent sans barrières, personne ne comprenant vraiment le fond de l’histoire, englué dans sa problématique personnelle.

De quoi s’y perdre !

Sabine Vaillant

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Occidental – Neïl Beloufa- 2017

Comédie

France – 73 minutes

Avec :

Paul Hamy : Giorgo
Idir Chender :
Antonio
Louise Orry Diquero :
Romy
Hamza Meziani :
Khaled
Anna Ivacheff :
Diana
Brahim Tefka :
Policier


Réalisation : Neïl Beloufa
Assistant réalisateur : Antoine Alesandrini
Directeur de la photo : Guillaume Le Grontec
Montage : Ermanno Corrado
Son : Arno Ledoux, François Bailly

Sortie nationale : 28 mars 2018

NEÏL BELOUFA

Artiste plasticien et réalisateur français et algérien, né en 1985 à Paris, vit entre Paris et New-York.

École supérieur des Beaux Arts et École supérieure des Arts Décoratifs de Paris, CalArt Valencia, Californie, Cooper Union New-York et Fresnoy Studio National des Arts Contemporain Tourcoing.

  • Expositions monographiques

2016 : MoMA New-York, K11 Shanghai

2013 : Hammer Museum Los Angeles

2012 : Palais de Tokyo Paris, 2012

2013 : Participation à la 55ème Biennale de Venise et 11eme Biennale d’Art Contemporain de Lyon

FILMOGRAPHIE

2017 : OccidentalNumeric video – 1er long métrage

Festivals : Berlinale, Berlin /Premiers Plans, Angers, France

2014 : Desire for Data – Numeric video

Festivals : Cinéma du Réel, Paris / MoMA, New-York, USA

2013 : Tonight and the People – Numeric video

Festivals : FID, Marseille, France / Milano Film Festival, Milano, Italie

2012 : Real Estate – Numeric video

Festivals : Onion City, Chicago, USA.

Party Island – Numeric video

Festivals : Winnipeg C / Belo Horizonte, BR / Belgrade, SRB / Bangalore IND / Nice, France.

World Domination – Numeric video

2010 : Sans titre – Numeric video

Festivals : Rotterdam, NL / TIFF Toronto, C / BFI, London, UK /

Oberhausen, D / IndieLisboa, Lisbon, P / Hors Piste, Paris, FR.

Awards : Oberhausen (Grand Prize, Jury Prize), Prix Studio Collector Le Fresnoy,

Onion City (Special mention)

Brune Renault – Numeric video

Festivals : BFI, London, UK / IndieLisboa, Lisbon, P / Migrating Forms, New York,

USA / Underground Film Fest, Montreal, C.

2009 : Sayre And Marcus – Numeric video, (trois épisodes)

Festivals : Hors Piste, Paris, FR /Onion City, Chicago, USA.

2007 : Kempiski – Numeric video

Festivals : IFFR, Rotterdam, NL / Oberhausen, D / Clermont-Ferrand, FR /

Les Ecrans Documentaires, Arcueil, FR / Ann Arbor Film Fest, Ann Arbor, USA /

LIFF, Leeds, UK / Winterthur, CH.

Awards : Ann Arbor (best narrative), Hamburg (Grand Prize), Oberhausen (Arte Award), Courtisane (Grand Prix)

PALMARES DE LA 30e EDITION CINELATINO RENCONTRES TOULOUSE  16 – 25 Mars 2018

 

PALMARÈS DE LA 30e EDITION CINELATINO RENCONTRES TOULOUSE 2018

COMPÉTITION FICTION

 

  •  GRAND PRIX COUP DE COEUR

ZAMA
de Lucrecia MARTEL
› Argentine – Brésil – Espagne – France – Mexique – États-Unis – Pays-Bas – Portugal | 2017 | 1h55

Mention spéciale

EL SILENCIO DEL VIENTO
LE SILENCE DU VENT
de Álvaro APONTE-CENTENO
› Porto Rico | 2017 | 1h24

 

  • PRIX DU PUBLIC FICTION LA DÉPÊCHE DU MIDI

Ex æquo

CANDELARIA
de Jhonny HENDRIX HINESTROZA
› Colombie – Allemagne – Norvège – Argentine – Cuba | 2017 | 1h27

Et

SERGIO & SERGUÉI
de Ernesto DARANAS SERRANO
› Espagne – Cuba – États-Unis | 2017 | 1h33

 

  • PRIX FIPRESCI, PRIX DE LA FÉDÉRATION INTERNATIONALE DE LA PRESSE CINÉMATOGRAPHIQUE

TEMPORADA DE CAZA
SAISON DE CHASSE
de Natalia GARAGIOLA
› Argentine – États-Unis – Allemagne – France – Qatar | 2017 | 1h48

 

  •  PRIX SFCC DE LA CRITIQUE TOULOUSE 2018

AZOUGUE NAZARÉ
de Tiago MELO
› Brésil | 2018 | 1h20

 

  •  PRIX CCAS, PRIX DES ÉLECTRICIENS GAZIERS

CABROS DE MIERDA
SALES GOSSES
de Gonzalo JUSTINIANO
› Chili | 2017 | 2h04

 

  •  PRIX RAIL D’OC, PRIX DES CHEMINOTS

SINFONÍA PARA ANA
SYMPHONIE POUR ANA
de Virna MOLINA et Ernesto ARDITO
› Argentine | 2017 | 1h59

Prix spécial 15 ans (du Rail d’Oc)

EL SILENCIO DEL VIENTO
LE SILENCE DU VENT
de Álvaro APONTE-CENTENO
› Porto Rico | 2017 | 1h24

 


COMPÉTITION DOCUMENTAIRE

 

  • PRIX DOCUMENTAIRE RENCONTRES DE TOULOUSE SOUS L’ÉGIDE DES MÉDIATHÈQUES DE LA RÉGION

A MORIR A LOS DESIERTOS
ALLER MOURIR DANS LES DÉSERTS
de Marta FERRER CARNÉ
› Mexique | 2017 | 1h25

Mention spéciale

ROBAR A RODIN
VOLER UN RODIN
de Cristóbal VALENZUELA BERRÍOS
› Chili – France | 2017 | 1h20

 

  •  PRIX DU PUBLIC DOCUMENTAIRE LA DÉPÊCHE DU MIDI

COCAINE PRISON
de Violeta AYALA
› Bolivie – France | 2017 | 1h16

 

  • PRIX LYCÉEN DOCUMENTAIRE

PRIMAS
COUSINES
De Laura BARI
› Canada – Argentine | 2017 | 1h36

 

  • PRIX SIGNIS DU DOCUMENTAIRE

PRIMAS
COUSINES
De Laura BARI
› Canada – Argentine | 2017 | 1h36

 


COMPÉTITION COURT-MÉTRAGE

 

  • PRIX RÉVÉLATION

LO QUE NO SE DICE BAJO EL SOL
CE QUI NE SE DIT PAS SOUS LE SOLEIL
de Eduardo ESQUIVEL
› Mexique | 2017 | 0h15

Mention spéciale

DAMIANA
Réalisation : Andrés RAMÍREZ PULIDO
› Colombie – Brésil | 2017 | 0h14

 

  • PRIX DU PUBLIC COURT-MÉTRAGE

PALENQUE
De Sebastián PINZÓN SILVA
› Colombie | 2017 | 0h25

 

  •  PRIX « COURTOUJOURS »

HOMBRE
HOMME
de Juan Pablo ARIAS MUÑOZ
› Chili | 2017 | 0h21

 

  • PRIX SIGNIS DU COURT-MÉTRAGE

PALENQUE
De Sebastián PINZÓN SILVA
› Colombie | 2017 | 0h25

 

  • PRIX CCAS DU COURT-MÉTRAGE – PRIX DES ÉLECTRICIENS GAZIERS

APENAS O QUE VOCÊ PRECISA SABER SOBRE MIM
JUSTE CE QUE VOUS DEVEZ SAVOIR SUR MOI
de Maria Augusta V. NUNES
› Brésil | 2017 | 0h15

 


PLATEFORME PROFESIONNELLE

  • CINÉMA EN CONSTRUCTION 33

 

 PRIX CINÉMA EN CONSTRUCTION TOULOUSE

LOS SILENCIOS
LES SILENCES
de Beatriz Seigner
(Brésil, Colombie, France)

 

  • PRIX SPÉCIAL CINÉ + EN CONSTRUCTION

LUCIÉRNAGAS
LUCIOLES
de Bani Koshnoudi
(États-Unis, Grèce, Mexique, République dominicaine)

 

  • PRIX DES DISTRIBUTEURS ET EXPLOITANTS EUROPÉENS

LOS SILENCIOS
LES SILENCES
de Beatriz Seigner
(Brésil, Colombie, France)

 

CINÉMA EN DÉVELOPPEMENT 13

 

  •  PRIX BRLAB CINÉMA EN DÉVELOPPEMENT

LOS REYES DEL MUNDO
de Laura Mora
(Colombie)

 

  •  PRIX FRENCH KISS STUDIO

LA CAZADORA
de Suzanne Andrews Correa
(Mexique, Argentine, États-Unis)

 

WWW.CINELATINO.FR

Sabine Vaillant

Couleur Bulle
blog couleur-bulle.fr sabine vaillant

1954. Algérie. 1962 Centre International du Photojournalisme : 15 mars au 13 mai 2018 1962. Rivesaltes. 1964 Mémorial du Camp de Rivesaltes : 15 mars au 2 septembre 2018

Une guerre sans nom est la deuxième exposition coproduite par le Centre International du Photojournalisme/ Visa pour l’image de Perpignan (CIP) et le Mémorial du Camp de Rivesaltes.

Elle s’inscrit dans un projet global mené par le Mémorial du Camp de Rivesaltes depuis septembre 2017 autour de la Guerre d’Algérie et de l’ensemble des mémoires qu’elle porte.

Une guerre sans nom présente un panorama photographique de la Guerre d’Algérie et de ses répercussions en France notamment sur le Camp de Rivesaltes.

Marc Riboud ©

Le parcours propose une centaine des photos rares et souvent inédites, signées par des photographes prestigieux connus pour leur capacité à capter l’instant comme : Marc Riboud, Raymond Depardon, Pierre Boulat, Pierre Domenech, celles de Jacques Hors, médecin appelé en Algérie, et celles du Fonds Bailhache. Ces photographes étaient aussi animés par la volonté d’apporter une plus grande visibilité à cette guerre camouflée en événements et qui ne disait pas son nom. En écho, le Mémorial du Camp de Rivesaltes renvoie l’image d’un espace où si la guerre n’est pas présente, les acteurs de cette guerre le sont : photographes amateurs et journalistes suivent les arrivées et départs de membres du FLN, l’arrivée ensuite des ex-supplétifs de l’armée française en une série d’images fortes.

Fonds Bailhache ©

Le commissaire de l’exposition Jean-Jacques Jordi, historien, a replacé les photographies dans l’Histoire afin de mieux les comprendre.

Les textes qui jalonnent la double exposition font donc le lien entre les différentes époques couvertes par les reportages ; ils expliquent et interrogent à la fois le photographe sur ses choix et la manière qu’il a de privilégier un événement plutôt qu’un autre. En choisissant d’exposer une diversité des regards, l’exposition propose une mise en perspective des guerres qui ont déchiré le pays. Remettre ces reportages dans l’Histoire et l’idéologie d’une époque, c’est toute l’ambition de cette exposition explique Jean-Jacques Jordi.

UNE GUERRE SANS NOM deux lieux, une seule exposition

Sabine Vaillant

Couleur Bulle

 

UNE GUERRE SANS NOM

  • 1954. Algérie. 1962 Centre International du Photojournalisme (CIP) : 15 mars au 13 mai 2018

CIP : Couvent des Minimes – 24, rue Rabelais 66 000 Perpignan

http://visapourlimage.com

1962. Rivesaltes. 1964 Mémorial du Camp de Rivesaltes : 15 mars au 2 septembre 2018

  • Mémorial du camp de Rivesaltes – avenue Christian Bourquin 66 600 Salses Le Château

9 DOIGTS DE F.J. OSSANG UN FILM A LA PLASTIQUE PUISSANTE

 

Pour clore le Week-End Rétrospective F.J. Ossang, La cinémathèque française présentait ce lundi 19 mars l’avant-première de 9 doigts, cinquième long métrage du cinéaste, en sa présence et celle de son équipe. F.J. Ossang s’est dit très fier de cette énergie et de cette aventure humaine rappelant que le financement provenait aussi de l’équipe.

 

9 doigts – A droite F.J. Ossang et son équipe – Cinémathèque française – 19 mars 2018

Pour éviter un contrôle de police, Magloire prend la fuite et tombe sur un homme mourant qui lui lègue une fortune. La bande de Kurtz se met alors à ses trousses, il en devient l’otage puis le compliceLes hommes de Kurtz s’avèrent être les jouets d’une machination conduite par le mystérieux «9 Doigts ».

9 doigts – F.J. Ossang

Magloire évite la police et se retrouve plongé dans une histoire qui le dépasse. Coursé par une bande, il fuit dans le fracas d’une mer en furie, il tombe sur un homme très mal en point qui lui tend un paquet.

Paul Hamy (Magloire) en fuite – 9 doigts – F.J. Ossang

A peine à l’abri, juste le temps d’admirer les poissons exotiques et les requins marteau qui tournent dans leur aquarium, avant que les requins de la bande de Kurtz ne l’embarquent dans une voiture. Prisonnier dans un manoir isolé, inhabité, battu par les vents, il se retrouve à découper un cadavre avant de le livrer aux flammes. Les hommes braquent un manoir cossu, rapporte une mallette, ça tourne mal. Magloire intègre la bande de Kurtz pour survivre. Une nuit, ils embarquent avec la mallette au contenu mystérieux sur un cargo dont le capitaine est étrange.

Magloire sur le cargo – 9 doigts – F.J. Ossang

Dans la tempête le cargo fait sa route. La bande subit le rythme du voyage. L’alcool, les livres, l’écriture pour Magloire, les rêves d’Eldorado pour d’autres accompagnent le bruit des machines et de la mer.

Magloire (Paul Hamy)  – Ferante (Pascal Greggory) – Warner Oland (Lionel Tua) 

– 9 doigts – F.J. Ossange

L’atmosphère s’alourdit avec la rudesse des conditions, la perte des repères, l’impression de tourner en rond avec la mer pour horizon, l’image d’une île dans les nuages qui passe et repasse.

Lionel Tua (Warner Oland) – 9 doigts – F.J. Ossang

Les hommes sont envahis par un nihilisme contagieux. Le capitaine récupère sur une île un médecin pour soigner les passagers et un nouvel équipage.

 

 

 

 

Gaspard Ulliel (Le médecin) et Magloire – 9 doigts – F.J. Ossang

La bande de Kurtz découvre avec stupeur et angoisse les changements sur le bateau. Entre complot et paranoïa, La folie s’empare du bateau qui n’est plus qu’un navire fantôme. Une seule solution débarquer à Nowhereland, une île à la dérive, terre de nulle part.

9 doigts – F.J. Ossang

Le film démarre au rythme de la course de Magloire, de la puissance de la mer puis adopte le tempo du cargo et des imaginaires. Les images d’un superbe graphisme captent le regard du spectateur qui amarres larguées, entre dans une autre dimension, habitée par la musique de MKB Fraction Provisoire et une bande son percutante. Le cargo la nuit, les images des cartes dont l’encre se dissout dans le mouvement des vagues, les hommes qui escaladent la falaise volcanique entre ombre et lumière révélant les herbes, la lumière, l’immensité de la mer depuis l’île, le vertige du sommet, les personnages qui apparaissent puis disparaissent comme au théâtre, l’étrangeté du cargo, la mer polluée de déchets mouvants, la roche qui devient pulvérulente, un monde malade qui ronge, la poésie de Magloire-Saint-Aude, les incursions chez Antonin Artaud, l’ambiance de 1984 de Orwell avec le nouvel équipage… 9 doigts de F.J. Ossang, traversée d’un monde entre thriller, poésie, abstraction et fulgurance.

Sabine Vaillant
Couleur Bulle
  • 9 doigts F.J. Ossange – 99 min

France 2017

Sortie nationale : 21 mars 2018

  • Avec :

Paul Hamy : Magloire

Damien Bonnard : Kurtz

Pascal Greggory : Ferante

Elvire : Gerda

Gaspard Ulliel : le docteur

Diogo Dória : le capitaine

Alexis Manenti : Springer

Lisa Hartmann : Drella

Lionel Tua : Warner Oland

FJ OSSANG

Cinéaste, poète, musicien, né en 1956, crée la revue littéraire Cée (1977-1979), puis les Céeditions, entre à l’IDHEC en 1980, auteur d’une vingtaine de livres, un des membres fondateurs en 1980 du groupe de rock industriel MKB (Messageros Killers BOTS) Fraction Provisoire.

FILMOGRAPHIE

  • Longs métrages

2018 : 9 Doigts

2011 : Dharma Guns, en sélection officielle 67e Mostra de Venise, compétition Orizzonti 2 2010

1997 : Docteur Chance, nommé pour le léopard d’or de Locarno en 1997

1990 : Le Trésor des îles Chiennes (grand prix du jury, festival de Belfort, 1990)

1984 : L’Affaire des Divisions Morituri

  • Courts métrages

2009 : Vladivostok (prix du film expérimental – Curtas Vila Do Conde)

2008 : Ciel Éteint ! (Quinzaine des Réalisateurs – Cannes 2008)

2007 : Silencioprix Jean-Vigo 2007, catégorie court-métrage

1990 : Le Chant des hyènes, Carnets Noirs

1983 : Zona Inquinata – la vie n’est qu’une sale histoire de cowboy

1982 : La Dernière Énigme

La Cinémathèque française

51, rue de Bercy 75012 Paris

http://www.cinematheque.fr