Jean-Yves Henry
- OLEKSANDR DOVJENKO

Dans le cadre du Voyage en Ukraine, une Saison ukrainienne en France. Avec le soutien du Centre Dovjenko, la Cinémathèque a lancé la rétrospective Oleksandr Dovjenko, première grande figure du cinéma ukrainien, avec La Terre – 1930. Film faisant partie de sa trilogie ukrainienne avec Zvenygora – 1927 et Arsenal – 1929. Mis intensément en musique par DakhaBrakha et présenté par Olena Honcharuk directrice du centre Dovjenko et vivement applaudi par le public de la salle Henri Langlois.

Oleksandr Dovjenko né en 1894, grandit dans une famille paysanne du nord de l’Ukraine. Débute comme enseignant en école primaire, puis à l’université, auteur de scénarios dès 1925, il devient réalisateur à 32 ans. Il plonge aussi dans le milieu artistique, prend des cours de peinture à deux reprises à Berlin, forme des groupes.

Malmené par les soubresauts de l’Histoire, hanté par l’anéantissement possible de sa terre natale, mis au ban du cinéma soviétique par Staline, suite à Bataille pour notre Ukraine soviétique – 1943, il s’attelle en Ukraine, après vingt ans d’exil, au Poème de la mer. Mais meurt en 1956, la veille du tournage. Ioula Solntseva, son épouse réalisera le film.
L’œuvre de Oleksandr Dovjenko, soumise à une pression maximale, mais dont la puissance de rayonnement repose sur l’affranchissement des règles, à découvrir sur les écrans de la Cinémathèque jusqu’au 30 janvier 2026.
- La Terre (Zemlia) – 1930 – Oleksandr Dovjenko
URSS (Ukraine) – 62 minutes
Avec : Semyon Svashenko, Yuliya Solntseva, Yelena Maksimova
Des champs de blé ukrainiens ondulant sous le vent. Des montagnes de fruits à la rondeur à croquer. Des nuages peuplés de formes. Des cieux incroyables. Des hommes, aux visages taillés à la serpe, serrés, unis comme les blés soumis à la force du vent. Des femmes aussi. Un vieil homme qui part heureux vers la mort, avec en arrière plan un très jeune enfant bien dodu croquant un fruit. La jeunesse, incarnée par Vassili et sa fiancée. Ce jeune communiste enthousiasmé par la collectivisation des terres, qui concentre sur lui la haine. Des hordes de chevaux galopant. Un village en pleine réforme agraire à la fin des années 1920. Des paysans s’opposent à de riches fermiers sur la politique de collectivisation. Un tracteur divise les habitants de ce kolkhoze.
Derrière la propagande, une ode à la terre nourricière, célébration de la nature, des saisons, de la vie et la mort, du cycle perpétuel de l’homme et de la terre, dans un lyrisme débordant et une esthétique remarquable.
La Terre un film prenant. Classée parmi les meilleurs films de tous les temps, l’œuvre de Dovjenko couronne, de sa puissance extraordinaire, la fin du cinéma muet.

Sabine Vaillant
Couleur Bulle

ISSN : issn_268

- RÉTROSPECTIVE OLEKSANDR DOVJENKO CINÉMATHÈQUE FRANÇAISE
Du 21-30 Janvier 2026
- Temps fort



Arsenal – 1929 – dimanche 25 janvier 16 h 30
- CINÉMATHÈQUE FRANÇAISE
51, rue de Bercy
Paris XII

