
- RÉTROSPECTIVE JOSÉ LUIS GUERIN
15 AU 22 DÉCEMBRE 2025
Alors que Histoires de la bonne vallée sort en France, retour sur l’œuvre de José Luis Guerin, kaléidoscope sophistiqué de souvenirs, rêveries et évocations spectrales qui réduisent les frontières entre fiction et documentaire au rang de schémas archaïques. Ses périples songeurs, ses dialogues féconds avec des cinéastes cousins (Jonas Mekas, Víctor Erice, Raoul Ruiz, mais aussi John Ford ou les frères Lumière), et l’expérimentation joueuse présidant chacun de ses projets font du cinéaste catalan un poète spirite, lointain descendant de l’Orson Welles de F for Fake.

A la Cinémathèque, déplacée au Saint André des Arts Paris VI avec sa leçon de cinéma ce vendredi 19 décembre 19h à la suite de la projection de son film Le spectre du Thuit, jusqu’au 22 décembre 2025. Mais la Cinémathèque retrouvera ses murs le 2 janvier 2026.
- Histoires de la bonne vallée (Historias del buen valle) – 2025 – José Luis Guerin
Vallbona, à la périphérie de Barcelone, est une enclave où coule le fleuve Besós, traversée par le canal Rec, sertie par des voies ferrées et une autoroute. Anciennes terres cultivées depuis le Moyen-Âge dont le dernier propriétaire avait au XX éme siècle fait établir les plans d’une citée-jardin pour les petits propriétaires, projet abandonné avec la guerre civile.
Une île en soi, où s’établirent progressivement les gens venus du Sud. Grignotée par les constructions dont les points lumineux piquent la nuit, rejoignant ceux des phares des voitures toutes proches. Sévèrement rétrécie par les travaux visant à rendre bientôt souterrain le train, sans même une gare pour ses habitants dont les jardins vont disparaître sous les coups de boutoirs des pelleteuses.
Le voyage dans cet îlot de vie, démarre en noir et blanc dans l’œil de la caméra Super-8, au gré d’un saxo habillant de ses notes le paysage, les rues en terre, le linge à la fenêtre, les enfants jouant dans l’eau malgré l’interdiction officielle. Pointant la nostalgie dans la déambulation de José Luis Guerin. La découverte des histoires avec les habitants, sorties des entretiens du casting du réalisateur, suit tendant la toile de la vie qui s’organisait dans ce lieu.

Avec Carles profondément ancré à cette terre, une famille indienne dans son jardin illégal, Antonio « le charbonnier » mémoire du lieu, Nicolas dont la mémoire flanche et Norma venue du Brésil, Miquel exilé dans un bâtiment neuf, Fátima gitane portugaise à l’écoute des arbres, Makome et sa fille, Tatiana ukrainienne qui a fui les conflits.

Dans la couleur des jardins, les chemins qui sentent bon, la pie qui sautille, les oiseaux, les maisons construites clandestinement, la danse, les baignades, les discussions, les questionnements, les arbres porteurs des âmes, les souvenirs affleurent, les jours s’additionnent. Et la question parles-tu à tes plantes passe des jardins aux immeubles résonnant sur les façades.
Histoires de la bonne vallée de José Luis Guerin, dans la douceur au rythme de la musique, des baignades interdites et des amours naissants, une forme poétique de résistance émerge face aux conflits urbains, sociaux et identitaires du monde. L’Univers des possibles s’entrouvre dans ce territoire à part, archipel du monde, aujourd’hui en perdition car trop convoité.

Sabine Vaillant
Couleur Bulle

ISSN : issn_268
- Histoires de la bonne vallée (Historias del buen valle) – 2025 – José Luis Guerin
Espagne – France – 122 min
Musique originale : Anahit Simonian
Sortie nationale : 17 décembre 2025
Distribution : Shellac
- JOSÉ LUIS GUERIN – RÉALISATEUR – SCÉNARISTE
Né à Barcelone en 1960, grandit alors que Franco est au pouvoir jusqu’en 1975, autodidacte, il mène sa carrière cinématographique en tant que réalisateur et scénariste de ses propres films, mêlant fiction et documentaire, brouillant les frontières qui existent entre les deux genres.
Ses films ont été présentés dans de nombreux festivals tels que Venise (Sélection officielle), Cannes (Un Certain Regard, Quinzaine des réalisateurs), Berlin (Forum), San Sebastian (Compétition officielle), plusieurs fois à Locarno, Rotterdam, Tokyo… Il est peut-être l’un des cinéastes espagnols les plus loués par la critique et par le public des festivals internationaux. Avec En Construcción, situé dans sa ville natale, il remporte le Prix national espagnol du cinéma en 2001 et en 2002 prix Goya du meilleur documentaire. Des rétrospectives lui ont été consacrées lors de festivals et dans d’importants centres culturels comme le Centre Georges Pompidou ou le Harvard Film Archive. La Cinémathèque française lui consacre une rétrospective du 15 au 22 décembre 2025, en sa présence. Histoires de la bonne vallée a remporté le prix du jury au festival de San Sebastian.
- FILMOGRAPHIE
1983 : LOS MOTIVOS DE BERTA
1986 : SOUVENIR
1990 : INNISFREE
1997 : TREN DE SOMBRAS (LE ESPECTRO DE LE THUIT) – Le Spectre du Thuit
2000 : EN CONSTRUCCIÓN
2007 : UNAS FOTOS EN LA CIUDAD DE SYLVIA (QUELQUES PHOTOS DE DANS LA VILLE DE SYLVIA)
2007 : EN LA CIUDAD DE SYLVIA (DANS LA VILLE DE SYLVIA)
2010 : GUEST
2010 : DOS CARTAS A ANA
2011 : CORRESPONDENCIAS JONAS MEKAS – J.L. GUERIN
2011 : RECUERDOS DE UNA MAÑANA
2015 : LE SAPHIR DE SAINT LOUIS
2015 : LA ACADEMIA DE LAS MUSAS (L’ACADÉMIE DES MUSES)
2019 : DE UNA ISLA
2025 : HISTOIRES DE LA BONNE VALLÉE

- RÉTROSPECTIVE JOSÉ LUIS GUERIN CINÉMATHÈQUE FRANÇAISE
Du 15 AU 22 DÉCEMBRE 2025
- CINÉMATHÈQUE FRANÇAISE
51, rue de Bercy
Paris XII

