10 AVRIL – 2 AOÛT 2026

Lee Miller habite le Musée d’Art Moderne de Paris avec la plus importante rétrospective consacrée à son œuvre de photographe en France depuis vingt ans. Dans un nouveau regard, l’exposition Lee Miller, organisée à l’initiative de la Tate Britain et en collaboration avec l’Art Institute of Chicago, réunit près de 250 tirages anciens et modernes, dont plusieurs inédits. De ses débuts à New York aux années de guerre en Europe, en passant par son séjour en Égypte et sa vie à Londres. L’exposition déroule son parcours dense en six parties. Soulignant la richesse d’une œuvre où cohabitent expérimentations formelles, audace visuelle, et engagement politique.
Figure essentielle de l’avant-garde internationale, Lee Miller (1907, Poughkeepsie, États-Unis – 1977, Chiddingly, Royaume-Uni) débute une brillante carrière de mannequin. Dont photographes et cinéastes des années 1920 et 1930 captent la lumière. Personnalité New Yorkaise, elle s’affirme ensuite artiste surréaliste, portraitiste, photographe de mode et correspondante de guerre accréditée par l’armée américaine.
A Paris 1929 – 1932, elle est l’apprentie de Man Ray, puis partenaire créative et collaboratrice. Elle découvre avec lui la technique de « solarisation » (redécouverte de l’effet Sabatier) obtenue après une brève réexposition d’un tirage ou d’un négatif à la lumière pendant le traitement, créant un effet de halo onirique.

Charlie Chaplin au lustre
Charlie Chaplin with light fixture
Saint-Moritz
1932
© Lee Miller Archives England 2026
All Rights Reserved
Lee Miller affirme son indépendance artistique, ouvre son propre studio à partir de 1930. Voyage expose ses photographies, aux cadrages obliques et aux rapprochements insolites, dans les galeries parisiennes aux côtés des grands photographes de l’époque (Germaine Krull, Brassaï…). Publie ses photographies dans Vogue (éditions française, anglaise et américaine) et dans des revues d’avant-garde et de Cinéma. Puis crée à New York en 1932 un nouveau studio. Sa seule exposition personnelle de son vivant organisée par la galerie Julien Levy, témoigne des difficultés à s’imposer dans un monde artistique peu ouvert aux femmes.
Ses portraits, tout au long de sa vie, reflètent ses nombreux liens avec les milieux artistiques et littéraires.

Portrait de l’espace
Portrait of Space
Al Bulwayeb, près de Siwa, Egypte
1937
© Lee Miller Archives England 2026
All Rights Reserved
Installée au Caire pendant cinq ans, après son mariage en 1934 avec Aziz Eloui Bey, homme d’affaire égyptien, elle se rend dans des régions rurales d’Egypte, Palestine, Syrie, Grèce, Roumanie qu’elle photographie. S’intéressant aux contrastes de matières et de formes, aux changements de perceptions induits par les angles de prises de vues.
Elle rencontre en 1937, Roland Penrose, peintre et poète surréaliste et fréquente en Europe ses amis surréalistes, jouant un rôle clé dans la diffusion de leurs idées. La guerre arrive, elle rejoint Roland Penrose, à Londres, publie des reportages écrits et photographiques saisissants, des photos de mode dans Vogue britannique, sous les bombardements de Londres.
Accréditée correspondante de guerre par les États-Unis en 1942, elle couvre le conflit et consacre de nombreux reportages aux femmes engagées dans la guerre : infirmières, membres de la défense anti-aérienne, aviatrices, pour Vogue : britannique et américain.

Femmes équipées de masques anti-feu
Fire Masks
Downshire Hill, Londres
1941
© Lee Miller Archives England 2026
All Rights Reserved
Après le Débarquement de juin 1944, l’artiste suit l’avancée des troupes alliées sur le front, documente entre autre, la libération de Saint-Malo. Ses photographies et articles très engagés dénoncent la violence du conflit. L’œil de son objectif se focalise sur des détails signifiants du chaos.
L’article Believe it de juin 1945 et ses photographies témoignent de sa sidération révélant au grand public l’entreprise d’extermination de masse des nazis.
Le 30 avril 1945, Lee Miller pose dans une mise en scène chargée de symboles à Munich dans la baignoire du dictateur Adolf Hitler. L’image est aujourd’hui considérée comme l’une des photographies les plus emblématiques de la fin du conflit mondial.
Jusqu’en janvier 1946, Lee Miller photographie l’Europe et la Libération, reflétant la douleur, les privations, les dégâts des villes détruits, les personnes blessée. La laissant très marquée, dévastée sa vie durant.
Elle s’installe à Farm House (Sussex) avec Roland Penrose et leur fils Antony, né en septembre 1947. S’y tiennent rencontres artistiques et fêtes. Elle poursuit ses voyages, ses reportages et photographies de mode pour Vogue, avant de se consacrer aux portraits de ses amis artistes. Elle décède d’un cancer en 1977.
Longtemps reléguée au rôle d’égérie, habitée d’une intrépide curiosité, courageuse, Lee Miller est une artiste sensible, créatrice d’une œuvre photographique remarquable dont les photographies les plus puissantes et les plus audacieuses n’ont pas été publiées de son vivant.

Lee Miller avec son appareil lors d’une séance photo Schiaparelli pour
Vogue
Lee Miller with camera on Schiaparelli fashion assignment for Vogue
Musée d’Art Moderne, Paris
1945
© Lee Miller Archives England 2026
All Rights Reserved
De son regard jusqu’à l’objectif, la beauté de son art et la pointe d’étrangeté de celui ci révèlent l’une des grandes photographes du XXème siècle. Lee Miller au Musée d’Art Moderne de Paris jusqu’au 2 août 2026.

Sabine Vaillant
Couleur Bulle

ISSN : issn_268
- LEE MILLER – MUSÉE D’ART MODERNE DE PARIS
10 AVRIL – 2 AOÛT 2026
MUSÉE D’ART MODERNE DE PARIS (MAM)
L’exposition Lee Miller est organisée par le Musée d’Art Moderne de Paris du 10 avril au 2 août 2026, en collaboration avec la Tate Britain et l’Art Institute of Chicago (du 29 août au 7 décembre 2026).
Avec : la participation des Archives Lee Miller et le soutien de Sfil
Directeur : Fabrice Hergott
Commissaires : Hilary Floe, senior curator en art moderne et contemporain à la Tate Britain assistée de Saskia Flower
Fanny Schulmann, conservatrice en chef au Musée d’Art Moderne de Paris, responsable de collections photographiques, assistée d’Adélaïde Lacotte et de Paul-Emile Pacheco
11 avenue du Président Wilson
75116 Paris
Métro : Alma-Marceau ou Iéna (ligne 9)
RER C : Pont de l’alma
Bus : 32/42/63/72/80/92
Vélo : station Vélib et emplacements des vélos devant l’entrée du musée
Du mardi au dimanche de 10h à 18h
Nocturne le jeudi jusqu’à 21h30 et les samedis jusqu’à 20h
Fermeture hebdomadaire: lundi et certains jours fériés
Activités culturelles
Réservation conseillée
Tel : 01 53 67 40 00
–Tarifs
Plein tarif : 17 €
Tarif réduit : 15 €
Gratuit pour les 6 – 18 ans
Tarif combiné avec l’exposition Brion Gysin Le dernier musée : 20€ /18€
Tarif réduit à l’exposition Robert Capa; Photographe de guerre du 18 février au 20 décembre 2026 au musée de la Libération de Paris – Leclerc – Moulin sur présentation d’un billet pour l’exposition Lee Miller. Et réciproquement
Catalogue : LEE MILLER 260 pages – Editions Paris Musées – 55 €