14 janvier – 11 février 2026
Jean-Yves Henry

- ANDRÉ DE TOTH 1912 – 2002 – RÉALISATEUR – SCÉNARISTE – PRODUCTEUR – ACTEUR – AMÉRICAIN
D’origine austro-hongroise, né le 15 mai 1912 à Makó, il réalisa cinq films en Hongrie au cours de l’année 1939, dont Deux Filles dans la rue avant de partir après avoir filmer l’invasion nazie de la Pologne voisine, vers Hollywood où se déroula la plus grande partie de sa carrière.
C’est le membre le moins célèbre du club le plus select de Hollywood, celui des cinéastes borgnes, John Ford, Raoul Walsh, Fritz Lang, Nicholas Ray. Tout aussi talentueux, hâbleur et truculent que ses acolytes, André De Toth laisse des mémoires extraordinaires et surtout une œuvre dense, commencée en Hongrie, puis une production américaine fournie, entre films noirs Pitfall – 1948, d’horreur L’Homme au masque de cire- 1953 ou de guerre Chef de réseau – 1958. Mais c’est peut-être dans le western qu’il donnera toute la démesure de son talent, notamment dans l’extraordinaire Chevauchée des bannis – 1959.

Et aussi None Shall Escape – 1944 un des films pionniers sur la représentation de la Shoah, une œuvre visionnaire qui analyse la transformation d’un homme ordinaire en bourreau.

Écrivain toute sa vie, celui qui avait l’estime de Ben Hecht a survécu en écrivant et rafistolant des scripts.
André De Toth, réalisateur libre et indépendant, à la vie et la carrière chaotiques, attaché à filmer la vie, habite la Cinémathèque française jusqu’au 11 février 2026.
- Enfants de salauds (Play Dirty) – 1969 – André De Toth
Grande-Bretagne – 1 h 57
Avec : Michael Caine, Nigel Davenport, Harry Andrews.

Dans le désert de Libye, pendant la Seconde Guerre mondiale, le général Blore ordonne au colonel Masters de faire sauter un dépôt de carburant allemand. Un groupe de mercenaires est envoyé. Initialement développé par René Clément, puis abandonné, Enfants de salauds permet à De Toth de signer un dernier film brutal, nihiliste et antimilitariste, qui use de l’absurdité et de la dérision pour condamner le conflit. Des soldats prêts à tout … Dans la lignée des Douze Salopards, il déploie une mise en scène à la précision chirurgicale, saupoudrée d’humour noir, où le formidable duo Caine/Davenport s’oppose avec autant de cynisme que d’immoralité. Surfant sur l’animosité que Michael Caine nourrissait à son égard, l’isolant d’autant au sein de ce commando de têtes brûlées.
La survenue d’un problème de communication va remettre en cause toute l’expédition.

Sabine Vaillant
Couleur Bulle

ISSN : issn_268
- RÉTROSPECTIVE ANDRÉ DE TOTH
14 janvier – 11 février 2026
- CINÉMATHÈQUE FRANÇAISE
51, rue de Bercy
Paris XII

