L‘Écran démoniaque 18 mars – 6 avril 2026
Jean-Yves Henri

- L‘Écran démoniaque
Fêter les 90 ans de la Cinémathèque, c’est aussi honorer Lotte Eisner, conservatrice historique de l’institution, et autrice en 1952 de L’Écran démoniaque, ouvrage fondamental dans l’histoire du cinéma. Berlinoise réfugiée en France en 1933, elle signe avec ce livre un éloge fiévreux du cinéma expressionniste allemand. Elle en sonde les racines littéraires et théâtrales, pour mieux célébrer le génie de Murnau, Lang, Louise Brooks, et d’autres figures du cinéma d’outre-Rhin que le temps a peu à peu effacées, que cette rétrospective remettra sur le devant de la scène.
27 films dont Le Golem –1920 de Carl Boese et Paul Wegener, Les Nibelungen – 1924 de Fritz Lang, Metropolis – 1927 de Fritz Lang, Les Trois lumières – 1921 de Fritz Lang, films phares.
Avec en ouverture Le Cabinet des figures de cire – 1924 – Paul Leni en ciné concert avec Arandel et sa superbe bande son électronique composée à partir de 80 morceaux.
L’Écran démoniaque et « l’étrange état d’esprit de cette production fabuleuse » selon Lotte Eisner, à la cinémathèque jusqu’au 6 avril 2026.
- Le Cabinet des figures de cire – 1924
Un jeune poète est engagé pour écrire les légendes de trois figures d’un musée de cire : Haroun al-Rachid, Ivan le Terrible et Jack l’Éventreur.
Haroun al-Rachid, calife de Bagdad ordonne à son grand vizir de tuer Assad le boulanger qui le gène avec la fumée de son four à pain. Mais Zarah la très belle épouse d’Assad pousse le calife à se déguiser et à s’introduire auprès d’elle. Dans une plaisante image du calife dont la rondeur résonne avec la forme de l’entrée. Pendant qu’Assad tente de lui voler sa bague magique à la pierre au reflet kaléidoscopique. Tandis que la poursuite d’Assad joue avec l’architecture des toits de la ville. Le tout dans un jeu d’ombre et lumière, des décors en syntonie avec les personnages.

Ivan le Terrible dans la noirceur du personnage, la terreur des suppliciés dans l’obscurité, l’écoulement du sablier et les effets de robes et coiffures de la cour dans des décors riches. film moins facile.
Jack l’Éventreur avec ses effets intéressants de démultiplication des images des personnages et la chute … à découvrir.
Pour Le Cabinet des figures de cire Paul Leni joue avec les textures, les ombres et les perspectives dans les coulisses d’un lieu inquiétant devenu labyrinthe mental. Un poème visuel, une célébration de l’imaginaire, qui mêle séduction, pouvoir et terreur. Le tout accompagné magnifiquement en musique par Arandel.
- Le Cabinet des figures de cire – 1924 – Paul Leni
Allemagne – 65 min
Version restaurée
Accompagnement musical 18 mars : Arandel
Avec : Emile Jannings, Conrad Veidt, Werner Krauss
Sabine Vaillant
Couleur Bulle

ISSN : issn_268

- L’ÉCRAN DÉMONIAQUE – A LA CINÉMATHÈQUE
18 mars – 6 avril 2026
En partenariat avec le Goethe-Institut de Paris
- LA CINÉMATHÈQUE FRANÇAISE
51, rue de Bercy Paris XII

