INSTITUT CULTUREL DU MEXIQUE – 6 mars au 15 avril

AMOXTLI. CODEX : MÉMOIRES ET PATRIMOINE VIVANT
L’Institut culturel du Mexique à Paris présente AMOXTLI. Codex : Mémoires et patrimoine vivant, une exposition consacrée aux codex mexicains, rendant hommage à ces œuvres pictographiques anciennes et à leur résonance actuelle. Invitant à une traversée sensible entre mémoire et création.
Derrière de légers voiles de gaze, soulignant leur importance historique, culturelle, et esthétique, Amoxtli réunit quatorze codex en fac-similé. Dix en format intégral et quatre en sections sélectionnées. Et propose un dialogue avec les œuvres de trois artistes mexicains contemporains : Mónica Muñoz Cid, Filogonio Naxin et Antinea Jimena Pérezz-Castro qui vit et travaille en France depuis 2005, dont les pratiques entre gravure monumentale, peinture visionnaire et recherche transdisciplinaire, explorent la mémoire, l’identité et la transformation des héritages culturels.
Les codex étaient les instruments culturels des peuples mésoaméricains pour « écrire » leurs mémoires et savoirs. En náhuatl, ils étaient appelés amoxtli. Certains chercheurs les considèrent comme « les plus anciens livres des Amériques ou simplement comme « des livres peints à la main ». Ils apparaissent avant 1521 et perdurent jusqu’au XVIIe siècle. Réalisés sur papier amate, fibres d’agave, peau de cerf ou textiles en coton, par les tlacuilos préhispaniques en tant que support de l’écriture. Ils constituent des sources essentielles pour comprendre la vie, les savoirs et les systèmes de pensée de ces peuples.
Ils remplissaient alors des fonctions calendaires fondés sur les cycles solaire et lunaire, historiques, politiques, divinatoires et médicinales. D’autres pouvaient aussi représenter l’espace : fleuves, montagnes et lacs délimitant les territoires et situaient les évènements militaires ou les alliances.
A l’époque coloniale, ils servaient à défendre les terres ancestrales, en s’appuyant sur des données historiques et généalogiques. Chaque feuillet reflète un savoir-faire : pigments organiques et minéraux s’y combinent avec maîtrise, avant que ne soient introduits de nouveaux matériaux par les Espagnols : papier de lin et encre métallo-gallique à base de sulfate de fer.
Parmi ces précieux objets de connaissance, le Codex de Dresde datant de la période préhispanique, manuscrit Maya, De 21 x 354 cm, composé de 39 feuillets enduits de chaux et de pigments naturels, a été la clé du déchiffrement de l’écriture Maya.

Le Codex Mendoza envoyé à Charles Quint pour informations sur ses nouveaux sujets, remonte à 1542 et provient du centre du Mexique, en papier européen de 71 feuillets auxquels s’ajoutent 3 feuillets préliminaires, se divise en trois sections toutes aussi instructives et passionnantes. La première reprend les évènements de 1324 à l’arrivée des Espagnols en 1521, la deuxième recense les tributs , peaux: tissus, graines, plumes, métaux précieux, ornements versés par les peuples soumis aux Mexicas et la troisième décrit la vie des habitants, de la naissance à la mort.
Le Codex Zouche-Nuttall de la période préhispanique, manuscrit de la période Mixtèque, en peau de cerf constitué de 47 feuillets pliés en accordéon de 18×113,5 cm. Révèlent sur le recto plusieurs généalogies retraçant les premières dynasties régnant sur Tilantongo et Teozacolaco entre le VII et XVI siècle. Le verso relate l’histoire du seigneur Huit-Cerf Griffe de Jaguar (1063 – 1115).

Le Codex de la Cruz-Badiano de 1552, du Centre du Mexique, sur papier européen, considéré comme le premier herbier réalisé en Amérique, rassemble un savoir médical d’origine mexicaine.
Les codex en constante redécouverte, archive du monde mésoaméricain, héritage parlant, occupent aujourd’hui une place centrale dans l’imaginaire culturel mexicain, et sont actifs dans la création contemporaine. AMOXTLI. Codex : Mémoires et patrimoine vivant, jusqu’au 15 avril 2026 à l’Institut Culturel du Mexique.

Sabine Vaillant
Couleur Bulle

ISSN : issn_268
AMOXTLI. CODEX : MÉMOIRES & PATRIMOINE VIVANT – INSTITUT CULTUREL DU MEXIQUE
L’exposition est réalisée dans le cadre du bicentenaire des relations diplomatiques entre le Mexique et la France, à l’initiative de la Bibliothèque nationale d’anthropologie et d’histoire du Mexique.
Institut culturel du Mexique : 119, rue Vieille-du-Temple Paris 3
Du 6 mars – 15avril 2026
Entrée libre
Du : lundi au vendredi de 10h à 13h et de 14h à 18h, le samedi de 15h à 19h
Fermé les dimanches et jours fériés
