N’ENVOYEZ PAS DE FLEURS DE MARTIN SOLARES UN ROMAN NOIR A LIRE ABSOLUMENT 

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N'envoyez pas des fleurs martin solares sabine vaillant couleur-bulle.fr

N’ENVOYEZ PAS DE FLEURSMartin Solares – 2015 – Éditions Christian Bourgois – 2017 – Traduit de l’espagnol (Mexique) par Christilla Vasserot .

380 p – Couverture © Cédric Scandella

Illustration de couverture © plainpicture/Demurez Cover Arts/ Ellen & Udo Klinkel

N’ENVOYEZ PAS DE FLEURS MARTIN SOLARES

Qui vient d’enlever la jeune Cristina, fille d’un riche couple ? Qui est son fiancé, qui l’accompagnait ? Un événement banal dans la région de La Eternidad, dans le golfe du Mexique. Carlos Treviño, un ancien policier, est chargé de l’enquête. Le consul américain Don Williams offre aussi ses services. Récit impitoyable, désabusé, drôle, Martín Solares, dans la grande tradition du roman noir, convoque les témoins pour les faire parler et mentir.

AUTEUR

Martin solaris Mathieu Bourgois Sabine Vaillant couleur-bulle.fr

MARTIN SOLARES – © Mathieu Bourgois

Martín Solares est né en 1970 à Tampico. Il a travaillé comme critique, professeur et éditeur de littérature. Il est publié dans de nombreuses revues, et Les Minutes noires, son premier roman, a connu un succès immédiat. Il est paru en France en 2009.

MARTIN SOLARES – FESTIVAL AMERICA 2018

https://couleur-bulle.fr/festival/vincennes-festival-america-2018/

Samedi 22 septembre La Rencontre L’Homme est un Loup réunissait Iain Reid, Emiliano Monge, et Martin Solares animée par Julien Védrenne.

* V COMME VIOLENCE

 L’HOMME EST UN LOUP

Depuis l’aube des temps, l’homme use de la force pour contraindre, asservir et dominer l’autre. Qu’elle soit physique ou morale, elle détruit en profondeur le lien social et crée des traumatismes souvent irréversibles. Elle fascine aussi. La littérature n’a eu de cesse de la traquer, d’essayer d’en comprendre les mécanismes et la nature, souvent de la dénoncer avec vigueur. Comment la restituer au plus juste.

Écrire sans aborder la violence au Mexique ? C’est un phénomène répandu, il est impensable de ne pas expérimenter la violence répond Martín Solares. Beaucoup de nouvelles, de paroles sur les fusillades, tirs, rafales dans les villages et maintenant sur les plages. Aujourd’hui il faut trouver des synonymes pour les mots du quotidien car les mots disparaissent. Il n’y a pas de justice : les mots ont disparu ajoute-t-il. La vie a changé avec la disparition des mots. Les mots ont disparu par crainte de la violence non par peur d’un gang. La violence est endémique. Violence que Martín Solares qualifie de « violence de l’ombre des arbres ». Elle concerne les trafics de personnes, de stupéfiants, d’armes ou autre. Il faut couper la branche pour faire autre chose. Il faut arrêter de vivre à l’ombre de la violence. Il faut des romanciers pour raconter la violence différemment des journalistes. L’écriture d’un roman c’est comme une voiture. Quand on prend conscience que les personnages sont là, impossible de freiner. Tous les personnages ont leur propre vie. Il dit donner vie à des personnages imaginaires. Il veut provoquer des questions dans la tête du lecteur. Pour Martin Solares « l’homme est un cheval pour le loup ». Une autre force du capitalisme réside dans l’exploitation du voisin ajoute-t-il.

Du fait de la perte des mots, avec 300 mots comment retranscrire ou identifier ce qui se passe ? C’est un avertissement au monde prévient Martín Solares.

MA BULLE PERSO

La Eternidad ville au bord du Golfe du Mexique, sous la coupe de gangs, sa police corrompue, et Carlos Treviño, ancien enquêteur de la police, chargé par le consul américain Don Williams de retrouver Cristina, fille de Rafael De León, riche entrepreneur. Quelques années auparavant, Treviño avait résolu l’affaire du tueur de femmes mais cela avait mal tourné. Le commissaire Margarito González, écartant le tueur protégé par les puissants de la ville, avait sorti de sa manche un coupable idéal. Il avait fait passer Treviño pour coupable de corruption. Treviño recherché, avait fui et s’était retiré sur la plage des Baleines les hommes de main de De León venaient le chercher aujourd’hui. La situation était très risquée mais il refusait de renoncer à ses valeurs.

Treviño se lance à fond sur les traces de Cristina, traversant l’enfer à chaque instant dans une course de vitesse haletante contre la mort, comme une traînée de poudre s’enflammant méthodiquement à chacun de ses pas. Rien ne lui est épargné. L’image d’un pays sous la coupe des gangs, contrôlant tout, semant la mort et la terreur dans une violence sans bornes, émerge sous la plume de Martín Solares.

« Le rédacteur en chef d’un des journaux de La Eternidad a été placé par les criminels eux-mêmes. Il arrive quand le numéro est bouclé, il s’assied, il relit attentivement tout ce qui concerne la vie nationale et locale et il oblige les chefs de service à éliminer les articles qui disent du mal de la bande d’assassins pour laquelle il travaille. Il lui arrive même de faire disparaître certains mots. Ou alors il fait remplacer gang criminel par groupe rebelle ; trafic de stupéfiants par commerce ; enlèvement par arrestation ; lésions par marques ; assassinat par disparition. Comme si les mots leur appartenaient à ces salauds. Bientôt, on ne pourra même plus les nommer. ». (Martín Solares N’envoyez pas de fleurs Extrait page 112).

Dans la deuxième partie, Martín Solares brosse le portrait du commissaire Margarito González , homme corrompu jusqu’à la moelle et à travers lui celui édifiant d’une société minée par l’argent et par les stratégies individuelles de survie, retraçant les rouages conduisant à son pourrissement.

N’envoyez pas de fleurs une descente dans l’univers d’une noirceur abyssale d’un pays gangrené par les narcotrafiquants, dont la précision documentaire des scènes de meurtres règle la dramaturgie méthodique, glaciale. Un roman noir au cœur de la violence, à la plume littéraire, passionnant, saupoudré finement d’humour noir, d’une force à la hauteur de ce qu’il raconte, d’une précision chirurgicale dans le démontage des rouages de l’horreur s’exerçant au grand jour dans une indifférence complice.

Sabine Vaillant

Couleur Bulle

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