PANORAMA DU CINÉMA COLOMBIEN – PARIS – 10-16 OCTOBRE 2018 – CINÉMA CONTEMPORAIN D’AMERIQUE LATINE A PORTÉE DE PUPILLE

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Panorama cinéma colombien sabine vaillant couleur-bulle.fr

Clap d’ouverture du 6ème PANORAMA DU CINÉMA COLOMBIEN ce mercredi 10 octobre 2018 à Paris avec Señorita María Luisa, la jupe de la montagne de Rubén Mendoza au cinéma l’Arlequin, précédé d’un concert. C’est parti du 11 -16 octobre au Reflets Médicis, avec onze longs (1) et onze courts-métrages contemporains d’Amérique latine dans une ambiance dynamique, créative, festive. Le Chien qui aboie (2), organise l’événement depuis 6 ans. Il vous mène cette année à la rencontre de personnages souvent solitaires confrontés à des réalités qui semblent parfois inéluctables ; grâce à leur volonté de transgresser la réalité, ils parviennent à transformer leur sort. Zoé Valdés (3) et Véronique-Charline de Lépine (4) sont membres du jury des longs-métrages en compétition cette année.

6 éme panorama cinema colombien couleur-bulle.fr

CRÉATION DE NATHALIA GALLEGO  (5)

– SYNOPSIS SEÑORITA MARÍA

À Boavita, village catholique conservateur dans les montagnes colombiennes, la Señorita María Luisa vit paisiblement dans sa cabane, toujours vêtue d’une robe. 45 ans plus tôt, son état civil l’identifie comme une personne de sexe masculin. Inlassablement, elle mène son quotidien avec une intime conviction qui la conduit à s’affirmer face aux autres, cultivant sa terre comme elle cultive sa vie.

SEÑORITA MARÍA

La route d’asphalte grimpe dans les montagnes colombiennes puis devient chemin de terre à la rencontre de la Señorita María Luisa. D’abord de dos, la couleur de ses vêtements danse sur les chemins. Quand sa silhouette en jupe devient familière, la caméra entre dans sa maison.

Señorita María Luisa – 2017 – Rubén Mendoza

Pendant 6 ans, Rubén Mendoza a filmé la Señorita María Luisa parce qu’il est d’ici, avec Amanda Sarmiento la productrice, élément féminin important pour La Señorita María Luisa rendant le film possible. La caméra de Rubén Mendoza la saisit quand elle met sa force de travail au service des autres parce qu’elle n’a pas de terre. Il cueille sa disponibilité à la nature, sa façon de s’occuper des bêtes, ses promenades nocturnes pour s’assurer que tout va bien. Il accueille son histoire, la suit à l’église où les femmes se doivent d’être. La densité de son être qu’elle pose femme s’impose, sa façon de vivre et d’être en relation avec ceux qui la côtoient depuis 15 ans et parlent d’elle sont sa manière de s’affirmer face aux autres. D’un côté la Señorita María Luisa et de l’autre les tentatives d’explications des villageois, souvent douloureuses pour elle : ses parents, les crises d’épilepsie, un démon… La caméra laisse la science rationaliser ses crises.

Elle se réinvente chaque jour au lever du soleil dans ses belles montagnes du Boyacá, tandis que le milieu rural où elle vit semble immuable, englué dans son conservatisme.

La SEÑORITA MARÍA ou la densité d’être femme affirmant sa marginalité tranquille au quotidien en marge de Boavita, village conservateur catholique de paysans, loin des villes, un documentaire fort, marquant, poétique et douloureux par moment, de Rubén Mendoza. A voir!

Au cours du débat avec Emma Luna juriste spécialisée en droits humains et militante de l’association Acceptess-T, Pascale ABSIChargée de recherche Anthropologue – Membre de l’Axe Travail, Finance et Globalisation Institut de Recherche pour le Développement et Manuela Guevara Anthropologue, il a été souligné la singularité du documentaire : María Luisa s’affirme femme dans un univers loin des villes loin des représentations habituelles, être femme mais pas femme dans un corps d’homme sans la nécessité de transformer son corps, les tentatives récurrentes de récupération avec un discours. Aujourd’hui Maria Luisa vit ailleurs, elle est connue, son histoire va faire l’objet d’une telenovela par une firme qui a acheté les droits, rentrant ainsi dans une autre logique. Ce qui explique aussi l’amertume de Rubén Mendoza qui dit dans une introduction au film son regret d’avoir fait ce documentaire.

  • SEÑORITA MARÍA (MADEMOISELLE MARIA)

Rubén Mendoza

Colombie/ Documentaire – Colombia/ Documental

2017 / 90’

IDFA – Festival International de Documentaire Amsterdam – Sélection officielle 2017-  Festival de Locarno 2017 – Prix du meilleur réalisateur / FIFAM – Festival International du Film d‘Amiens 2017- Prix du jury

  • RUBEN MENDOZA

Rubén Mendoza né en Colombie en 1980 est réalisateur, a reçu de nombreux prix dans plus de 40 festivals dans le monde entier. 8 courts métrages en tant que scénariste et réalisateur, monteur de deux films de Luis Ospina.

2014 : Tierra en la lengua et Memorias del calavero.

2015 : El valle sin sombras – documentaire

2017 : Señorita María, la jupe de la montagnedocumentaire

Son nouveau projet Niña errante a reçu le fond de soutien intégral à la production de la Direction de la Cinématographie de Colombie.

https://www.panoramaducinemacolombien.com/edition-2018

http://lechienquiaboie.fr/

Sabine Vaillant

Couleur Bulle

http://sabine-vaillant.webnode.fr/

blog couleur-bulle.fr sabine vaillant

(1)LONGS-METRAGES EN COMPETITION

AMALIA LA SECRETARIA (AMALIA LA SÉCRETAIRE) – Andrés Burgos

AMANECER (À L’AUBE) – Carmen Torres

CIRO Y YO (CIRO ET MOI)Miguel Salazar

FULLACHEDE (FULLHD) – Carolina Navas, Catalina Torres

LA DEFENSA DEL DRAGÓN (LA DÉFENSE DU DRAGON) – Natalia Santa

LA TORRE (LA TOUR) – Sebastián Múnera

MARIANA (MARIANA) – Chris Gude

SAL (SEL) – William Vega

SEÑORITA MARÍA (MADEMOISELLE MARIA) – Rubén Mendoza

9 DISPAROS (9 TIR) – Jorge Giraldo

(2) LE CHIEN QUI ABOIE, EL PERRO QUE LADRA, association fondée en 2009 rassemble des « professionnels de la profession » : producteurs, cinéastes, médiateurs culturels, critiques et chercheurs en cinéma. Elle s’appuie sur des cinéphiles confirmés, à l’affût de la moindre nouveauté cinématographique, des bénévoles aux compétences diverses, des regards multiples et des expériences variées au service d’une même envie : celle de donner une place au cinéma latino-américain dans les salles de cinéma européennes. Ainsi en 9 ans, plus de 300 films ont été présentés dans différentes salles de cinéma et espaces culturels à Paris et en Île de France.

Les programmes et sélections thématiques ont été projetés à travers le monde, dans le cadre de festivals, ou d’événements culturels à New York, Saint-Pétersbourg, Berlin, Londres, MadridMontpellier, Lyon, Avignon ou encore Douarnenez.

(3) ZOE VALDES

Zoé Valdés, née à La Havane en 1959, romancière, poétesse et scénariste, auteur d’une cinquantaine de livres dont Le Néant quotidien et La Douleur du dollar.

Philologue de formation, elle a travaillé à la délégation cubaine de l’UNESCO à Paris. En 1987, elle rentre à Cuba et travaille comme critique d’art, scénariste et sous-directrice de la revue Cinéma Cubain. En 1995, elle quitte Cuba pour la France avec sa famille.

(4) VERONIQUE-CHARLINE DE LEPINE

Productrice et scénariste française de nationalité colombienne, présidente de Macondo Productions.

LES HOMMES DE L’OMBRE série mettant en scène le monde de la politique.

Charline de Lépine tourne en ce moment une nouvelle série sur le monde de la télévision dans les années 60, centrée sur l’émancipation de la femme, SPEAKERINE.

(5) – UNE CRÉATION DE NATHALIA GALLEGO

« Eau et feu, lumière et obscurité, l’animal et le divin. Un signe présent dans les scènes où des petites filles sourient, le visage empli de nature, où des femmes dans leur enfance explorent leur environnement, portant le feu ; comme si le résultat devait nécessairement être l’abolition de leurs limites. Une déclaration d’opposition comme part de notre survie qui, à la fin de la journée, est une réclamation lancée à travers le temps ».

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