TOUCH ME NOT DE ADINA PINTILIE – OURS D’OR – 2018 – MEILLEUR FILM – 68 ème BERLINALE

 

  • SYNOPSIS TOUCH ME NOT

Entre réalité et fiction, TOUCH ME NOT suit le parcours émotionnel de Laura, Tómas et Christian qui cherchent à apprivoiser leur intimité et leur sexualité.

Si cette soif d’intimité – toucher et être touché au sens propre comme au sens giguré – les attire autant qu’elles les effraie, leur désir de se libérer de vieux schémas est plus fort.

Espace de réflexion et de transformation, TOUCH ME NOT s’attache à comprendre comment vivre l’intimité de manière totalement inattendue et comment aimer l’autre sans se perdre soi-même.

  • TOUCH ME NOT – ADINA PINTILIE

La caméra voyage, remonte le long d’un corps nu d’homme, hésite sur la barrière naturelle de poils comme une frise de barbelé et continue l’ascension. Laura dans son appartement blanc. Laura qui ne veut pas être touchée, compliquant sa vie affective et sexuelle. Elle rémunère un jeune homme qu’elle regarde nu, pour un toucher visuel uniquement.

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Laura Benson – Hanna Hofmann – Touch me not – Adina Pintilie

Entre réalité et fiction Laura avance dans les méandres de son intimité en découvrant celle des autres, dont des travailleurs du sexe, et les voies qu’elle emprunte.

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Touch me not – Adina Pintilie

« La fiction fonctionne comme un cadre pour travailler la réalité, tout en offrant un espace protecteur pour les personnes qui ont pris le risque de se révéler, de nous ouvrir leur âme dans ce processus. Adina Pintilie ».

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Tómas Lemarquis – Christian Bayerlein -Touch me not – Adina Pintilie

Laura rencontre Christian. « Comme n’importe quel autre individu, j’ai le droit de profiter de mon corps, d’explorer ma sexualité et de me montrer en tant qu ‘être sexuel. Christian Bayerlein ».

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Tómas Lemarquis – Christian Bayerlein -Touch me not – Adina Pintilie

Mais aussi Tómas. « Ce travail entre fiction et réalité m’a offert un espace de confort et m’a fait croire que je « jouais » à être quelqu’un d’autre.  Tómas Lemarquis ».

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Adina Pintilie – Touch me not – Adina Pintilie

Avec Touch me notAdina Pintilie propose un dialogue, une expérience à travers le corps, le nôtre et celui des autres, l’ intimité, la sexualité et les émotions. Ce que cela dit. L’espace qu’il peut ouvrir ou fermer, les perspectives qu’il peut inventer ou pas, la connaissance qu’il induit ou pas. Ces questionnements affleurent, à chacun de s’en saisir ou pas, de permettre qu’ils existent ou pas en un voyage sur un difficile sujet grâce à l’interface fiction/réalité modulable par chacun.

 

touch me not laura benson couleur-bulle.fr sabine vaillantLaura BensonTouch me notAdina Pintilie

  • TOUCH ME NOT – 2018 – Adina Pintilie

125 min – Roumanie, Allemagne, république Tchèque, Bulgarie, France

Sortie nationale : 31 octobre 2018

Distribution : Nour Films

Avec : Laura Benson, Tómas Lemarquis, Christian Bayerlein, Grit Uhlemann, Adina Pintilie, Hanna Hofmann, Seani Love, Irmena Chichikova, Rainer Steffen, Georgi Naldziev, Dirk Lange, Annett Sawallisch.

 

Sabine Vaillant

Couleur Bulle

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  • ADINA PINTILIE – RÉALISATRICE ET SCÉNARISTE

Née en 1980 à Bucarest. Réalisatrice et scénariste roumaine.

Diplômée de l’Université d’art dramatique et cinématographique de Bucarest en 2008.

2007 : Don’t Get Me Wrong (En association avec ARTE France, le Centre national du cinéma roumain et la Télévision publique roumaine) – Moyen métrage – 2007 Prix du Meilleur Documentaire au Festival international du film documentaire et du film d’animation de Leipzig.

2007 : Oxygen – Moyen métrage

2013 : Diary#2  – Court métrage – Prix Zonta Festival international du court métrage d’Oberhausen

Sandpit#186 – coréalisé avec George Chiper – 2009 Runner Up Award au Festival international du film de Miami et Mention spéciale au Festival international du film de Trieste.

2018 : Touch me not – 1er long métrage – Ours d’Or 68e Berlinale et Prix du meilleur premier film.

 

QUIÉN TE CANTARÁ CARLOS VERMUT : LA TRAVERSÉE DU MIROIR

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SYNOPSIS QUIÉN TE CANTARÁ

Lila Cassen, ancienne star de la chanson des années 90, prépare son grand retour sur scène. Mais un accident la rend amnésique. Avec l’aide de Violeta, sa plus grande fan et imitatrice, Lila va apprendre à redevenir qui elle était.

QUIÉN TE CANTARÁ

Dans un lit d’hôpital Lila se réveille amnésique. Dans cet univers blanc, transparent, baigné d’une lumière froide, où seul l’extérieur renvoie de la couleur, Blanca, son bras droit, guette le moindre signe d’un retour à la vie d’avant. A l’extérieur, les fans de Lila attendent son retour. Mais Lila portant en elle sa rupture, n’est plus Lila. Désemparée, désincarnée, elle suit sa rééducation, scrute son visage. Blanca organise sa sortie d’hôpital et la conduit chez elle. Son intérieur, aux lignes épurées, donnant sur l’infini de la mer n’appelle rien chez elle.

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Najwa Nimri (Lila)- Eva Llorach (Violeta) –  Quién te  cantará – 2018 – Carlos Vermut

Étrangement, Lila a des airs de pharaonne perdue dans les limbes, prisonnière ou gardienne d’un  temple, sa maison. Inquiète Blanca engage Violeta sa plus grande fan et imitatrice, qui travaille dans un karaoké, pour reconstruire la chanteuse qu’elle était, espérant que le mimétisme ouvre le chemin de la mémoire.

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Quién te cantará – 2018 – Carlos Vermut

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Eva Llorach (Violeta) –  Quién te cantará – 2018 – Carlos Vermut

 

 

 

 

Najwa Nimri (Lila)- Quién te cantará -2018 – Carlos Vermut

C’est ainsi que Violeta entre discrètement dans la vie de Lila. Violeta élève seule Marta, sa fille qui n’hésite pas à lui faire du mal et à s’en faire elle-même dans un chantage affectif morbide, terrible.

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Natalia De Molina (Marta) –  Quién te cantará -2018 – Carlos Vermut

Quién te cantará Un film aux destins superposés, à travers deux parcours de femmes, deux intrigues, explorant la ressemblance entre la star et la fan, les relations conflictuelles entre parents et enfant avec des effets de miroirs mentaux. Comme si en se prêtant au jeu de la ressemblance avec Lila, Violeta lui tendait un miroir où se joue la relation avec Marta et le tain du miroir renverrait Lila à sa sa propre mère en un jeu subtil.

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Eva Llorach (Violeta) –  Quién te cantará – 2018 – Carlos Vermut

Le miroir au risque de se perdre aussi, de n’être plus que le fantôme de sa vie. Quién te cantará un film émouvant, fort où l’imaginaire du spectateur a toute sa place.

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QUIÉN TE CANTARÁ – 2018 – Carlos Vermut

Espagne, France 122 min

Musique originale : Alberto Iglesias

Production : Apache Films, Las Pelìculas del Apache, Áralan Films, Les films du Worso

Produit par : Enrique López Lavigne

Coproduit par : Marta Valesco, Sylvia Pialat

Distribution : Le Pacte

Sortie nationale : 24 octobre 2018

Avec : Najwa Nimri (Lila), Eva Llorach (Violeta), Carme Elias (Blanca), Natalia De Molina (Marta).

Sabine Vaillant

Couleur Bulle

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CARLOS VERMUT

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Carlos Vermut

Né à Madrid en 1980, réalisateur, scénariste, dessinateur de BD et producteur espagnol.

2009 : Maquetas – court-métrage – sacré au festival Notodofilmfest

2011 : Diamond Flash – 1er long métrage- autoproduit

2012 : Don Pepe Popi – court-métrage

Cosmic Dragon – BD

2014 : La Niña de FuegoPrix du Meilleur film et Prix de la mise en scène au Festival de San Sebastian

2018 : Quién te cantará – sélectionné au Festival de San Sebastian.

LA BÊTE A SA MÈRE DE DAVID GOUDREAULT : UN ANTI-HEROS A LA SOLITUDE BOULEVERSANTE

 

La Bête à sa mère D. Goudreault couleur-bulle.fr sabine vaillant

LA BÊTE A SA MÈREDavid Goudreault2015 – Editions Stanké – Montréal – Québec – 2018 – Éditions Philippe Rey 240 p

Illustration : © Stéphane Trapier

LA BÊTE A SA MÈRE

Le roman narre la confession d’un jeune adulte, qui ne se remet pas de la séparation d’avec sa mère, survenue en bas âge. Ses propos vibrent d’une rage contre ceux qui la lui ont arrachée. Sa mère devient une obsession. Il pense l’avoir localisée à Sherbrooke. Mais saura-t-il se faire accepter par celle qu’il a tant idéalisée ? D’où vient que le récit de cet homme manipulateur, sans pitié, accro aux jeux et à la pornographie, touche profondément le lecteur ?

AUTEUR

Goudreault David marianne Deschènes couleur-bulle.fr sabine vaillant

DAVID GOUDREAULT– © Marianne Deschènes

David Goudreault est travailleur social, romancier, poète et chroniqueur. Premier Québécois à remporter la Coupe du monde de poésie, en juin 2011 à Paris, il anime des ateliers de création en milieu scolaire et dans les centres de détention du Québec et en France. Il est l’auteur de quatre recueils de poésieLa bête à sa mère, son premier roman, a séduit le public et la critique au Canada.

DAVID GOUDREAULT – FESTIVAL AMERICA 2018

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DAVID GOUDREAULT – FESTIVAL AMERICA 2018

Dimanche 23 septembreMagic Mirrors Des trombes d’eau et un vent à faire décoller le Magic Mirrors ont fait envoyer un message d’amour à sa famille de David Goudreault. Rencontre Pour L’amour d’une mère réunissait Brit Bennett, David Goudreault, Nathan Hill. Animé par Gladys Marivat (Lire)

* M MERE

POUR L’AMOUR D’UNE MÈRE

Le personnage de la mère occupe une place centrale dans la littérature. Et pour cause, elle est la source de notre existence. Pour autant, la relation que l’écrivain entretient avec elle est souvent marquée par la complexité, sinon intranquillité. Pourquoi et comment écrit-on sur ce sujet aujourd’hui ? Que permet-il de raconter ?

MA BULLE PERSO

Ma mère se suicidait souvent. Elle a commencé toute jeune, en amatrice. Très vite, maman a su obtenir la reconnaissance des psychiatres et les égards réservés aux grands malades.

L’incipit grave, bouleversant, avec sa pincée d’humour véritable respiration donne le ton du récit. Tous les souvenirs d’enfance du narrateur sont liés aux noms des villes où ont eu lieu ces tentatives jusqu’à ses 7 ans où les services sociaux le séparent de sa mère. La retrouver devient son obsession faisant naître en lui la rage qui gronde et déborde dans sa vie. Il tente d’endiguer ce flux en s’adonnant aux jeux, à la pornographie et aux drogues. D’abord en familles d’accueil puis en solo, il avance dans un monde dur entre pensées bancales et références littéraires approximatives emportant l’empathie. A coups de combines, le jeune homme pensant avoir localisée sa mère, s’enferre dans la peur, la haine et le vide de sa solitude.

La Bête à sa mère un premier roman touchant, émouvant, à l’écriture fleurie piquée d’humour et de poésie.

Sabine Vaillant

Couleur Bulle

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PANORAMA DU CINÉMA COLOMBIEN – LE PALMARÈS 

 

 PANORAMA DU CINÉMA COLOMBIEN – PARIS – 10-16 OCTOBRE 2018 – CINÉMA CONTEMPORAIN D’AMERIQUE LATINE A PORTÉE DE PUPILLE

 PALMARÈS

Prix du jury étudiant court-métrage NUESTRO CANTO A LA GUERRA de Juanita Onzaga

Les mythes et récits de la guerre s’entrecroisent dans l’imaginaire des enfants de Bojaya en Colombie.

Prix du jury court-métrage DAMIANA de Andrès Ramirez

Dans les profondeurs de la jungle, un groupe d’adolescentes est gardé sous surveillance. Malgré l’abandon et l’hostilité, Damiana espère pouvoir entrer en contact avec son père. Prix du public court-métrage PALENQUE de Sebastian Pinzon

Ce court-métrage est un portrait rythmique de San Basilio Del Palenque, le premier village des Amériques à s’être libéré de la domination européenne.

Prix du public long-métrage CIRO Y YO de Miguel Salazar

Ciro Galindo est né le 29 août 1952 en Colombie. Où qu’il aille, la guerre le poursuit. Son ami depuis vingt ans, Miguel Salazar a compris que la vie de Ciro résumait l’histoire de la Colombie.

Prix du jury long-métrage 9 DISPAROS de Jorge Giraldo

Je suis Jorge Giraldo et j’ai grandi entre les déclics de l’appareil photo grâce auquel ma mère, abandonnée par mon père, a pu m’élever. Lors de ma naissance et dans le besoin, ma mère est devenue photographe de squares et d’églises, puis elle est passée à la vidéo qui lui a permis de gagner sa vie tout en filmant celle-ci dans les moindres détails. Aujourd’hui, je reconstruis ma vie en visitant les images que ma mère, puis moi-même, avons élaborées compulsivement, me souvenant de ces déclics mais aussi d’autres tirs qui m’ont changé physiquement et mentalement de manière définitive. Si l’on naît pauvre en Colombie, comme je suis né, on est condamné à participer à la guerre, peu importe le camp. »  Jorge Andrés Giraldo Antía est né à Cali en 1980. En tant que soldat de marine professionnel, il combattait dans le conflit colombien. Il a reçu neuf balles lors d’une attaque par un commando de guérilla. Ses blessures ont incité l’État colombien à payer ses études de communication audiovisuelle. 9 DISPAROS est son premier film. Il est issu de son travail de fin d’études, encadré par le documentariste Carlos Rodríguez Aristizábal qui a ensuite continué à travailler sur le scénario et qui a réalisé le montage final de 9 DISPAROS.

9 DisparosJorge Giraldo

Colombie/ Documentaire – Colombia/ Documental – 2017 / 52’

Sabine Vaillant

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IL ÉTAIT UNE FOIS SERGIO LEONE A LA CINÉMATHÈQUE : LA PUISSANCE D’UN IMAGINAIRE CINÉMATOGRAPHIQUE

Le Bon, la Brute et le Truand © 1966, Alberto Grimaldi Productions SA / MGM. All Rights Reserved.

Changez de dimension et entrez dans le monde de Sergio Leone, premier metteur en scène post-moderne, en saisissant votre Il était une fois, sésame de l’exposition d’automne de La Cinémathèque française. Occasion de découvrir les fonds de la famille Leone, ceux de la Fondation Cineteca di Bologna, du photographe de plateau Angelo Novi, les dessins de Carlo Simi et de Renato Novi.

Pour Sergio Leone, le cinéma est conte. Après avoir beaucoup joué enfant aux cow-boys et aux indiens, il transforme les règles et les codes du western pour conquérir le monde. Cinq étapes, en immersion totale dans un labyrinthe, pour comprendre comment Sergio Leone a transformé les films de ses maîtres en quelque chose de nouveau et de personnel, laissant un héritage créatif qui nourrit l’imaginaire contemporain.

Sergio Leone (à droite, à côté de Lamberto Maggiorani) interprétant un jeune prêtre dans Le Voleur de bicyclette (Vittorio de Sica, 1948)
© Fondazione Cineteca di Bologna

Sergio Leone naît sous l’étoile cinéma entre sa mère actrice Bice Waleran (Edvige Valcarenghi) et Roberto Roberti ( Vincenzo Leone) son père inventeur du western italien des années 1910. Tout naturellement il se forme avec les amis de ses parents 1947 1961 Assistant de réalisateurs italiens et américains travaillant en Italie, pour 58 films en 14 ans, il tourne Pour une poignée de dollars, son premier western en 1964 sous le pseudo Bob Robertson.

Master class de Sergio Leone à La Cinémathèque française le 6 mai 1986. Animée par Noël Simsolo. © La Cinémathèque française

L’imaginaire de Sergio Leone prend ses sources à La Chevauchée fantastique – John Ford, Les anges aux figures sales – Michaël Curtiz, Les Temps modernes – Charlie Chaplin mais aussi aux romans : Dos Passos, Hemingway, Scott Fitzgerald et Chandler. L’Ouest de Leone et de ses collaborateurs est peuplé de ses références classiques : Yojimbo – Kurosawa, des structures narratives du théâtre de Goldoni, les personnages de Cervantes, les héros de l’Illiade, les bandes dessinées. Ses films contiennent les références visuels de Goya, Degas, Hooper et surtout les perspectives trompeuses et les changements brutaux de plans de Giorgio De Chirico.

sergio leone

Il était une fois dans l’Ouest de Sergio Leone, 1968

© Fondazione Cineteca di Bologna / Fondo Angelo Novi

 

 

Claudia Cardinale dans Il était une fois dans l’Ouest de Sergio Leone, 1968
© Fondazione Cineteca di Bologna / Fondo Angelo Novi

 

 

Sergio Leone et Claudia Cardinale sur le tournage d’Il était une fois dans l’Ouest de Sergio Leone, 1968
© Fondazione Cineteca di Bologna / Fondo Angelo Novi

Sergio Leone revisite le mythe de l’Ouest. L’Ouest se révèle multi-ethnique, sale, pauvre, peuplé de personnages violents interprétés par des acteurs lumineux ou lucifériens filmés dans une Espagne porteuse d’un Ouest rêvé.

Lee Van Cleef dans Le Bon, la Brute et le Truand de Sergio Leone, 1966 © Fondazione Cineteca di Bologna

Un nouveau langage cinématographique basé sur la dilatation temporelle, les limites du cadrage et du montage, servi par des textes réduits et une musique à la valeur narrative et émotionnelle avec souvent la complicité de Ennio Morricone, naît.

Clint Eastwood dans Le Bon, la Brute et le Truand de Sergio Leone, 1966
© Fondazione Cineteca di Bologna

Après Il était une fois dans l’Ouest -1968, Il était une fois l’Amérique – 1984 d’après The Hoops roman de Harry Grey

Robert De Niro dans Il était une fois en Amérique de Sergio Leone, 1984
© Fondazione Cineteca di Bologna / Fondo Angelo Novi

Noodles, un vieux gangster revient à New York sur les lieux de son enfance. Les souvenirs de ses amis et de son premier amour lui reviennent en mémoire. A Cannes, présenté hors compétition, il remporte un grand succès mais Arnon Milchan, son producteur, le distribue aux Etats-Unis dans une version largement coupée qui ne remporte pas l’adhésion du public.

Jennifer Connelly et Sergio Leone sur le tournage de Il était une fois en Amérique, 1984 © Fondazione Cineteca di Bologna

Robert De Niro et Tuesday Weld dans Il était une fois en Amérique de Sergio Leone, 1984 © Fondazione Cineteca di Bologna

A partir de 1969, Sergio Leone travaille sur un film grandiose, inspirée du premier mouvement de la Symphonie n°7 opus 60 d Chostakovitch, narrant le siège de Leningrad par les nazis 1941-1944. Mais Sergio Leone meurt le 30 avril 1989 alors qu’il visionnait Je veux vivre ! – 1958- Robert Wise.

 

Sergio Leone sur le tournage d’Il était une fois la révolution de Sergio Leone, 1971
© Fondazione Cineteca di Bologna / Fondo Angelo Novi

Sans attendre les frimas de l’automne, immergez-vous dans Il était une fois Sergio Leone à la Cinémathèque française jusqu’au 27 janvier 2019 à l’occasion des 50 ans de Il était une fois dans l’Ouest. Découvrez ce cinéaste au mélodramatisme originel, à l’écriture sophistiquée dont la portée de l’héritage créatif commence seulement à être compris, qui a rénové le cinéma à partir de la culture de son temps.

Sabine Vaillant

Couleur Bulle

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  • IL ÉTAIT UNE FOIS SERGIO LEONE

Rétrospective EXPOSITION – FILMS – CONFÉRENCES

10  OCTOBRE 2018 – 27 JANVIER 2019

  •  LA CINÉMATHÈQUE FRANÇAISE

51, rue de Bercy 75012 Paris

http://www.cinematheque.fr

  • Couverture du livre « La révolution Sergio Leone ». Ouvrage collectif, aux Éditions de la Table Ronde, sous la direction de Gian Luca Farinelli et de Christopher Frayling.

GUANTANAMERA DE TOMAS GUTIERREZ ALEA – JUAN CARLOS TABIO – UN ROAD MOVIE CULTISSIME

Tomas Gutierrez Alea et Juan Carlos Tabio

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SYNOPSIS GUANTANAMERA

Guantanamera – Suite au décès de la tante de son épouse, Adolfo trouve l’opportunité de mettre en pratique sa théorie bureaucratique : il accompagnera la défunte à sa dernière demeure. Une folle expédition qui lui fera traverser tout le pays, au rythme entraînant de la célèbre chanson «  Guantanamera  ». La route sera longue, semée d’embûches et d’incroyables rencontres…

GUANTANAMERA

Mirtha Ibarra – Conchita Brando – Guantanamera – 1995 – Tomas Gutierrez Alea et Juan Carlos Tabio

Yoyita la tante de Georgina revient à Cuba, après cinquante ans d’absence, le temps de recevoir une médaille. Elle retrouve à Guantanamo Candido son amour de jeunesse resté au pays mais meurt subitement.

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 Conchita Brando -Raũl Eguren – Guantanamera – 1995 – Tomas Gutierrez Alea et Juan Carlos Tabio

guantanamera Adolfo Guttierrez AleaTabio couleur-bulle.fr

Carlos Cruz – Guantanamera – 1995 – Tomas Gutierrez Alea et Juan Carlos Tabio

C’est l’occasion pour Adolfo, mari de Georgina, d’appliquer sa gestion bureaucratique du rapatriement des morts. Tout convoi funèbre doit transiter par les différentes provinces et faire étape dans les pompes funèbres de villes choisies. Roulent ainsi corbillards dans un ballet absurde incessant avec changement de véhicule à chaque ville.

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Guantanamera – 1995 – Tomas Gutierrez Alea et Juan Carlos Tabio

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Jorge Prugorria – Guantanamera – 1995 – Tomas Gutierrez Alea et Juan Carlos Tabio

Le cortège funèbre de Yoyita entre dans cette lente danse macabre de Guantanamo à La Havane. Il traverse un pays aux prises à la pénurie de carburants, au machisme, au sous-approvisionnement alimentaire où se développe une économie parallèle et des absurdités en tout genre.

Georgina et Candido les traversent avec philosophie mais mettent Adolfo sous pression. Tendu par l’application stricte de la doctrine bureaucratique, il se comporte en tyran domestique, la vie lui échappe.

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Guantanamera – 1995 – Tomas Gutierrez Alea et Juan Carlos Tabio

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Mariano et Georgina – Guantanamera – 1995 – Tomas Gutierrez Alea et Juan Carlos Tabio

La route est longue, semée d’embûches et d’incroyables rencontres comme Mariano camionneur, Don Juan impénitent et ex-étudiant de Georgina.

Guantanamera un road-movie avec la mort et la légende d’Oruba pour passagères, savoureux couleur documentaire épicé à l’humour en réponse à l’absurdité qui fleurit sur Cuba. Au rythme de « Guantanamera » (•).

(•) « Guantanamera » est une guajira-son (chanson populaire et traditionnelle). Elle serait née à Guantánamo lors d’une fête animée par des musiciens. Les réalisateurs ont souhaité faire un parallèle entre l’histoire de la chanson et celle du film où la musique occupe une place considérable.

 -Guantanamera – 1995 – Tomas Gutierrez Alea et Juan Carlos Tabio – 1 h 41

Espagne/Cuba/Allemagne

Musique : José Nieto

DCP Version restaurée – Nouveaux sous-titres

Reprise : Sortie initiale : 24 juillet 1996

Sortie nationale : 17 octobre 2018

Distribution : Karmafims Distribution

Avec : Carlos Cruz : Adolfo, Mirtha Ibarra : Georgina, Jorge Prugorria : Mariano, Raũl Eguren : Candido, Luis Alberto Garcia Tony , Conchita Brando : Yoyyta

Sabine Vaillant

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TOMÁS GUTIÉRREZ ALEA

Surnommé Titón naît en 1928 à La Havane, s’inscrit en droit à l’université de La Havane en 1948, mais s’intéresse plus à la politique et la culture. Diplômé en 1951, il part à Rome étudier au Centre expérimental de la cinématographie. Tomas Guttierrez Alea est mort à La Havane  le 16 Avril 1996.

FILMOGRAPHIE (Abrégée)

1995 : Guantanamera co-réalisé avec Juan Carlos Tabío, début du tournage en 1994 à Cuba , 4 ans après le début de la «  Période spéciale en temps de paix » décrétée par le régime cubain. Road-movie sur les réalités cubaines.

1993 : Fraise et chocolat – co-réalisé avec Juan Carlos Tabío

1983 : Hasta cierto punto

1978 : Les Survivants

1976 : La dernière cène

1966 : La Mort d’un bureaucrate

1962 : Las doce sillas

1960 : Historias de la revolución – premier long-métrage produit par l’I.C.A.I.C. qu’il a contribué à créer en 1959

1947 : La Caperucita roja, el fakir (inachevé)

 

DVD Guantanamera Blog Couleur-bulle.fr sabine vaillant

Pour la 1 ère fois en DVD
Le chef d’oeuvre du cinéma cubain
en version restaurée 2K

Dès le 6 novembre 2018

N’ENVOYEZ PAS DE FLEURS DE MARTIN SOLARES UN ROMAN NOIR A LIRE ABSOLUMENT 

 

N'envoyez pas des fleurs martin solares sabine vaillant couleur-bulle.fr

N’ENVOYEZ PAS DE FLEURSMartin Solares – 2015 – Éditions Christian Bourgois – 2017 – Traduit de l’espagnol (Mexique) par Christilla Vasserot .

380 p – Couverture © Cédric Scandella

Illustration de couverture © plainpicture/Demurez Cover Arts/ Ellen & Udo Klinkel

N’ENVOYEZ PAS DE FLEURS MARTIN SOLARES

Qui vient d’enlever la jeune Cristina, fille d’un riche couple ? Qui est son fiancé, qui l’accompagnait ? Un événement banal dans la région de La Eternidad, dans le golfe du Mexique. Carlos Treviño, un ancien policier, est chargé de l’enquête. Le consul américain Don Williams offre aussi ses services. Récit impitoyable, désabusé, drôle, Martín Solares, dans la grande tradition du roman noir, convoque les témoins pour les faire parler et mentir.

AUTEUR

Martin solaris Mathieu Bourgois Sabine Vaillant couleur-bulle.fr

MARTIN SOLARES – © Mathieu Bourgois

Martín Solares est né en 1970 à Tampico. Il a travaillé comme critique, professeur et éditeur de littérature. Il est publié dans de nombreuses revues, et Les Minutes noires, son premier roman, a connu un succès immédiat. Il est paru en France en 2009.

MARTIN SOLARES – FESTIVAL AMERICA 2018

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Samedi 22 septembre La Rencontre L’Homme est un Loup réunissait Iain Reid, Emiliano Monge, et Martin Solares animée par Julien Védrenne.

* V COMME VIOLENCE

 L’HOMME EST UN LOUP

Depuis l’aube des temps, l’homme use de la force pour contraindre, asservir et dominer l’autre. Qu’elle soit physique ou morale, elle détruit en profondeur le lien social et crée des traumatismes souvent irréversibles. Elle fascine aussi. La littérature n’a eu de cesse de la traquer, d’essayer d’en comprendre les mécanismes et la nature, souvent de la dénoncer avec vigueur. Comment la restituer au plus juste.

Écrire sans aborder la violence au Mexique ? C’est un phénomène répandu, il est impensable de ne pas expérimenter la violence répond Martín Solares. Beaucoup de nouvelles, de paroles sur les fusillades, tirs, rafales dans les villages et maintenant sur les plages. Aujourd’hui il faut trouver des synonymes pour les mots du quotidien car les mots disparaissent. Il n’y a pas de justice : les mots ont disparu ajoute-t-il. La vie a changé avec la disparition des mots. Les mots ont disparu par crainte de la violence non par peur d’un gang. La violence est endémique. Violence que Martín Solares qualifie de « violence de l’ombre des arbres ». Elle concerne les trafics de personnes, de stupéfiants, d’armes ou autre. Il faut couper la branche pour faire autre chose. Il faut arrêter de vivre à l’ombre de la violence. Il faut des romanciers pour raconter la violence différemment des journalistes. L’écriture d’un roman c’est comme une voiture. Quand on prend conscience que les personnages sont là, impossible de freiner. Tous les personnages ont leur propre vie. Il dit donner vie à des personnages imaginaires. Il veut provoquer des questions dans la tête du lecteur. Pour Martin Solares « l’homme est un cheval pour le loup ». Une autre force du capitalisme réside dans l’exploitation du voisin ajoute-t-il.

Du fait de la perte des mots, avec 300 mots comment retranscrire ou identifier ce qui se passe ? C’est un avertissement au monde prévient Martín Solares.

MA BULLE PERSO

La Eternidad ville au bord du Golfe du Mexique, sous la coupe de gangs, sa police corrompue, et Carlos Treviño, ancien enquêteur de la police, chargé par le consul américain Don Williams de retrouver Cristina, fille de Rafael De León, riche entrepreneur. Quelques années auparavant, Treviño avait résolu l’affaire du tueur de femmes mais cela avait mal tourné. Le commissaire Margarito González, écartant le tueur protégé par les puissants de la ville, avait sorti de sa manche un coupable idéal. Il avait fait passer Treviño pour coupable de corruption. Treviño recherché, avait fui et s’était retiré sur la plage des Baleines les hommes de main de De León venaient le chercher aujourd’hui. La situation était très risquée mais il refusait de renoncer à ses valeurs.

Treviño se lance à fond sur les traces de Cristina, traversant l’enfer à chaque instant dans une course de vitesse haletante contre la mort, comme une traînée de poudre s’enflammant méthodiquement à chacun de ses pas. Rien ne lui est épargné. L’image d’un pays sous la coupe des gangs, contrôlant tout, semant la mort et la terreur dans une violence sans bornes, émerge sous la plume de Martín Solares.

« Le rédacteur en chef d’un des journaux de La Eternidad a été placé par les criminels eux-mêmes. Il arrive quand le numéro est bouclé, il s’assied, il relit attentivement tout ce qui concerne la vie nationale et locale et il oblige les chefs de service à éliminer les articles qui disent du mal de la bande d’assassins pour laquelle il travaille. Il lui arrive même de faire disparaître certains mots. Ou alors il fait remplacer gang criminel par groupe rebelle ; trafic de stupéfiants par commerce ; enlèvement par arrestation ; lésions par marques ; assassinat par disparition. Comme si les mots leur appartenaient à ces salauds. Bientôt, on ne pourra même plus les nommer. ». (Martín Solares N’envoyez pas de fleurs Extrait page 112).

Dans la deuxième partie, Martín Solares brosse le portrait du commissaire Margarito González , homme corrompu jusqu’à la moelle et à travers lui celui édifiant d’une société minée par l’argent et par les stratégies individuelles de survie, retraçant les rouages conduisant à son pourrissement.

N’envoyez pas de fleurs une descente dans l’univers d’une noirceur abyssale d’un pays gangrené par les narcotrafiquants, dont la précision documentaire des scènes de meurtres règle la dramaturgie méthodique, glaciale. Un roman noir au cœur de la violence, à la plume littéraire, passionnant, saupoudré finement d’humour noir, d’une force à la hauteur de ce qu’il raconte, d’une précision chirurgicale dans le démontage des rouages de l’horreur s’exerçant au grand jour dans une indifférence complice.

Sabine Vaillant

Couleur Bulle

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 PANORAMA DU CINÉMA COLOMBIEN – PARIS – 10-16 OCTOBRE 2018 – CINÉMA CONTEMPORAIN D’AMERIQUE LATINE A PORTÉE DE PUPILLE

 

Panorama cinéma colombien sabine vaillant couleur-bulle.fr

Clap d’ouverture du 6ème PANORAMA DU CINÉMA COLOMBIEN ce mercredi 10 octobre 2018 à Paris avec Señorita María Luisa, la jupe de la montagne de Rubén Mendoza au cinéma l’Arlequin, précédé d’un concert. C’est parti du 11 -16 octobre au Reflets Médicis, avec onze longs (1) et onze courts-métrages contemporains d’Amérique latine dans une ambiance dynamique, créative, festive. Le Chien qui aboie (2), organise l’événement depuis 6 ans. Il vous mène cette année à la rencontre de personnages souvent solitaires confrontés à des réalités qui semblent parfois inéluctables ; grâce à leur volonté de transgresser la réalité, ils parviennent à transformer leur sort. Zoé Valdés (3) et Véronique-Charline de Lépine (4) sont membres du jury des longs-métrages en compétition cette année.

6 éme panorama cinema colombien couleur-bulle.fr

CRÉATION DE NATHALIA GALLEGO  (5)

– SYNOPSIS SEÑORITA MARÍA

À Boavita, village catholique conservateur dans les montagnes colombiennes, la Señorita María Luisa vit paisiblement dans sa cabane, toujours vêtue d’une robe. 45 ans plus tôt, son état civil l’identifie comme une personne de sexe masculin. Inlassablement, elle mène son quotidien avec une intime conviction qui la conduit à s’affirmer face aux autres, cultivant sa terre comme elle cultive sa vie.

SEÑORITA MARÍA

La route d’asphalte grimpe dans les montagnes colombiennes puis devient chemin de terre à la rencontre de la Señorita María Luisa. D’abord de dos, la couleur de ses vêtements danse sur les chemins. Quand sa silhouette en jupe devient familière, la caméra entre dans sa maison.

Señorita María Luisa – 2017 – Rubén Mendoza

Pendant 6 ans, Rubén Mendoza a filmé la Señorita María Luisa parce qu’il est d’ici, avec Amanda Sarmiento la productrice, élément féminin important pour La Señorita María Luisa rendant le film possible. La caméra de Rubén Mendoza la saisit quand elle met sa force de travail au service des autres parce qu’elle n’a pas de terre. Il cueille sa disponibilité à la nature, sa façon de s’occuper des bêtes, ses promenades nocturnes pour s’assurer que tout va bien. Il accueille son histoire, la suit à l’église où les femmes se doivent d’être. La densité de son être qu’elle pose femme s’impose, sa façon de vivre et d’être en relation avec ceux qui la côtoient depuis 15 ans et parlent d’elle sont sa manière de s’affirmer face aux autres. D’un côté la Señorita María Luisa et de l’autre les tentatives d’explications des villageois, souvent douloureuses pour elle : ses parents, les crises d’épilepsie, un démon… La caméra laisse la science rationaliser ses crises.

Elle se réinvente chaque jour au lever du soleil dans ses belles montagnes du Boyacá, tandis que le milieu rural où elle vit semble immuable, englué dans son conservatisme.

La SEÑORITA MARÍA ou la densité d’être femme affirmant sa marginalité tranquille au quotidien en marge de Boavita, village conservateur catholique de paysans, loin des villes, un documentaire fort, marquant, poétique et douloureux par moment, de Rubén Mendoza. A voir!

Au cours du débat avec Emma Luna juriste spécialisée en droits humains et militante de l’association Acceptess-T, Pascale ABSIChargée de recherche Anthropologue – Membre de l’Axe Travail, Finance et Globalisation Institut de Recherche pour le Développement et Manuela Guevara Anthropologue, il a été souligné la singularité du documentaire : María Luisa s’affirme femme dans un univers loin des villes loin des représentations habituelles, être femme mais pas femme dans un corps d’homme sans la nécessité de transformer son corps, les tentatives récurrentes de récupération avec un discours. Aujourd’hui Maria Luisa vit ailleurs, elle est connue, son histoire va faire l’objet d’une telenovela par une firme qui a acheté les droits, rentrant ainsi dans une autre logique. Ce qui explique aussi l’amertume de Rubén Mendoza qui dit dans une introduction au film son regret d’avoir fait ce documentaire.

  • SEÑORITA MARÍA (MADEMOISELLE MARIA)

Rubén Mendoza

Colombie/ Documentaire – Colombia/ Documental

2017 / 90’

IDFA – Festival International de Documentaire Amsterdam – Sélection officielle 2017-  Festival de Locarno 2017 – Prix du meilleur réalisateur / FIFAM – Festival International du Film d‘Amiens 2017- Prix du jury

  • RUBEN MENDOZA

Rubén Mendoza né en Colombie en 1980 est réalisateur, a reçu de nombreux prix dans plus de 40 festivals dans le monde entier. 8 courts métrages en tant que scénariste et réalisateur, monteur de deux films de Luis Ospina.

2014 : Tierra en la lengua et Memorias del calavero.

2015 : El valle sin sombras – documentaire

2017 : Señorita María, la jupe de la montagnedocumentaire

Son nouveau projet Niña errante a reçu le fond de soutien intégral à la production de la Direction de la Cinématographie de Colombie.

https://www.panoramaducinemacolombien.com/edition-2018

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Sabine Vaillant

Couleur Bulle

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(1)LONGS-METRAGES EN COMPETITION

AMALIA LA SECRETARIA (AMALIA LA SÉCRETAIRE) – Andrés Burgos

AMANECER (À L’AUBE) – Carmen Torres

CIRO Y YO (CIRO ET MOI)Miguel Salazar

FULLACHEDE (FULLHD) – Carolina Navas, Catalina Torres

LA DEFENSA DEL DRAGÓN (LA DÉFENSE DU DRAGON) – Natalia Santa

LA TORRE (LA TOUR) – Sebastián Múnera

MARIANA (MARIANA) – Chris Gude

SAL (SEL) – William Vega

SEÑORITA MARÍA (MADEMOISELLE MARIA) – Rubén Mendoza

9 DISPAROS (9 TIR) – Jorge Giraldo

(2) LE CHIEN QUI ABOIE, EL PERRO QUE LADRA, association fondée en 2009 rassemble des « professionnels de la profession » : producteurs, cinéastes, médiateurs culturels, critiques et chercheurs en cinéma. Elle s’appuie sur des cinéphiles confirmés, à l’affût de la moindre nouveauté cinématographique, des bénévoles aux compétences diverses, des regards multiples et des expériences variées au service d’une même envie : celle de donner une place au cinéma latino-américain dans les salles de cinéma européennes. Ainsi en 9 ans, plus de 300 films ont été présentés dans différentes salles de cinéma et espaces culturels à Paris et en Île de France.

Les programmes et sélections thématiques ont été projetés à travers le monde, dans le cadre de festivals, ou d’événements culturels à New York, Saint-Pétersbourg, Berlin, Londres, MadridMontpellier, Lyon, Avignon ou encore Douarnenez.

(3) ZOE VALDES

Zoé Valdés, née à La Havane en 1959, romancière, poétesse et scénariste, auteur d’une cinquantaine de livres dont Le Néant quotidien et La Douleur du dollar.

Philologue de formation, elle a travaillé à la délégation cubaine de l’UNESCO à Paris. En 1987, elle rentre à Cuba et travaille comme critique d’art, scénariste et sous-directrice de la revue Cinéma Cubain. En 1995, elle quitte Cuba pour la France avec sa famille.

(4) VERONIQUE-CHARLINE DE LEPINE

Productrice et scénariste française de nationalité colombienne, présidente de Macondo Productions.

LES HOMMES DE L’OMBRE série mettant en scène le monde de la politique.

Charline de Lépine tourne en ce moment une nouvelle série sur le monde de la télévision dans les années 60, centrée sur l’émancipation de la femme, SPEAKERINE.

(5) – UNE CRÉATION DE NATHALIA GALLEGO

« Eau et feu, lumière et obscurité, l’animal et le divin. Un signe présent dans les scènes où des petites filles sourient, le visage empli de nature, où des femmes dans leur enfance explorent leur environnement, portant le feu ; comme si le résultat devait nécessairement être l’abolition de leurs limites. Une déclaration d’opposition comme part de notre survie qui, à la fin de la journée, est une réclamation lancée à travers le temps ».

TAZZEKA DE JEAN-PHILIPPE GAUD : LA PASSION DE LA CUISINE AU BOUT DU VOYAGE

 

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SYNOPSIS TAZZEKA

Élevé par sa grand-mère qui lui transmet le goût et les secrets de la cuisine traditionnelle, Elias grandit au cœur d’un village marocain, Tazzeka. Quelques années plus tard, la rencontre avec un grand chef cuisinier parisien et l’irruption de la belle Salma dans son quotidien vont bouleverser sa vie et le décider à partir pour la France… À Paris, Elias fait l’expérience de la pauvreté et du travail précaire des immigrés clandestins. Il découvre aussi les saveurs de l’amitié grâce à Souleymane, qui saura raviver sa passion pour la cuisine.

TAZZEKA – JEAN-PHILIPPE GAUD

Sur un chemin de campagne dans une nature splendide où les arbres formes des masses vertes, Elias conduit son âne tout en murmurant des mots. Arrivé à la maison de sa grand-mère à Tazzeka, un village isolée du Maroc, il la regarde cuisiner tout en énumérant des noms de plats traditionnels français issus d’un livre de cuisine d’un grand cuisinier qu’il admire. Il ne manquerait pour rien au monde l’émission de cuisine à la télévision.

 

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Abbes Zahmani  (Youssef) –Madi Belem (Elias) – Tazzeka Jean-Philippe Gaud

Elias grandit et travaille pour le restaurant du village de Youssef.

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Madi Belem (Elias) – Tazzeka Jean-Philippe Gaud

Salma envoyée au village depuis Paris, déboule dans sa vie et lui ouvre l’univers des possibles.

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Ouidad Elma (Salma) – Madi Belem (Elias) – Tazzeka Jean-Philippe Gaud

Il essaye de varier sa cuisine en introduisant les plats français dont il apprend les recettes mais Youssef ne cède pas. Jusqu’au jour où l’occasion se présente avec la rencontre d’un grand chef cuisinier français.

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Olivier Sitruk (Julien Blanc) -Madi Belem (Elias) – Tazzeka Jean-Philippe Gaud

Il se décide à partir pour Paris.

Tazzeka Jean-Philippe Gaud

Une dure vie l’attend avec le travail précaire, mal payé, la peur au ventre d’être arrêté par la Police.

Madi Belem Sabine vaillant tazzeka

Madi Belem (Elias) – Tazzeka Jean-Philippe Gaud

La rencontre avec Souleymane, son amitié le poussera à oser la cuisine.

TAZZEKA

Jean-Philippe Gaud apporte la beauté du paysage dont on retrouve volumes et courbes sur le tapis du restaurant de Youssef. Sans écarter la dure réalité de l’immigration et les morts que rejettent la méditerranée, il offre un regard lucide, dénué de misérabilisme, réaliste au travers de Elias. Il souligne l’importance de la transmission ici des goûts, des saveurs, d’un savoir faire, d’une cuisine de sa grand-mère qui portera Elias au-delà de la Méditerranée et sera sa boite à outil pour construire sa vie. Elias a des atouts, un savoir faire, du talent qui font qu’il s’accrochera soutenu par Souleymane et prendra son destin en main. C’est un regard sur une jeunesse issue de l’émigration qui peut être vue différemment par ceux qui ne portent pas les même valeurs mais doivent la regarder aussi comme l’avenir, qui peut réussir, émigrée ou pas en apportant beaucoup plus que sa force de travail : de la créativité, de la culture, une force de vie. Le film évite le travers d’un sauveur providentiel qui par magie changerait le destin d’Elias. Tout ne tombe pas du ciel. L’eldorado d’un monde parfait n’existe pas. Du travail encore et encore, une rencontre pousseront Elias vers l’accomplissement de son rêve en portant et faisant grandir ce que sa grand-mère lui a transmis.

Un film attachant, un regard différent sur la transmission et l’immigration, la jeunesse où l’émigré n’est pas celui qui prend mais qui donne, où l’humour, la joie, le rire font partie de la vie et aide à grandir.

Sabine Vaillant

Couleur Bulle

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  • TAZZEKA – 2017 – Jean-Philippe Gaud

France/Maroc – 1 h 35

Productions : Takka Films, Awman Productions

Distribution : Les Films des Deux Rives

Sortie nationale : 10 octobre 2018

Avec : Madi Belem : Elias, Ouidad Elma : Salma, Adama Diop : Souleymane, Abbes Zahmani : Youssef, Olivier Sitruk : Julien Blanc

  • MADI BELEM

Cours Florent, révélation du début d’année 2016 dans Le Convoi de Frédéric Schoendoerffer, au côté de Benoît Magimel. On le retrouve par la suite dans la série de Canal

Plus, Baron Noir, thriller politique opposant Kad Merad et NielsArestrup. Jean-Philippe Gaud lui offre son premier rôle principal dans TAZZEKA.

  • JEAN-PHILIPPE GAUD

Jean-Philippe Gaud né à Draguignan dans le Var, passionné de théâtre, cinéma et opéra. Collabore comme monteur avec des réalisateurs : Frédéric Mermoud,Thomas Bardinet, Nader Takmil Homayoun. Diplômé de la Fémis en montage.

FILMOGRAPHIE

1998 : Mabrouk Moussa ! (Fiction, 12mn) – Court-métrage – nominé aux

Academy Awards de Los Angeles, il remporte le Best Fiction Award au Festival International de Tel-Aviv.

2000 : Deux fraises Tagada ! Fiction – 12mn – Court-métrage. Prix de qualité C.N.C. – Prix du jury au Festival Attitude 18 de Paris.

2002 : Une journée sur la terreFiction -15 mn

2003 : Mise en scène Opéra Paillasse de Leoncavallo à Draguignan

2004 : Au quotidien 34 mn – Documentaire

2006 : Mise en scène Opéra Barbier de Séville de Rossini à Draguignan

2009 : co-scénarise, monte et produit Téhéran avec Nader Takmil Homayoun pour Alias Films. Prix de la Semaine de la Critique au Festival de Venise (2009) – Grand prix du Festival d’Angers 2010

2011 : Écriture de Tazzeka – Aide à la conception du C.N.C.

2012 : Scénario de Tazzeka Lauréat bourse Beaumarchais-SACD – Aide au développement au Festival Cinemed de Montpellier.

2015 : crée TAKKA FILMS avec Axelle Hutchings pour réaliser Tazzeka

2017 : Tazzeka- Premier long métrage

IMPULSO EMILIO BELMONTE : ROCIO MOLINA LE GESTE FLAMENCO CREATIF

 

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.Je réfléchis toujours à la façon de transformer la tradition, dans la danse comme la musique. Le flamenco est codé, mais il laisse la liberté d’une part d’improvisation”. Rocío Molina.

SYNOPSIS IMPULSO

IMPULSO nous raconte l’un des défis les plus captivants de l’histoire du flamenco moderne : la création du nouveau spectacle de la danseuse et chorégraphe espagnole Rocío Molina pour le Théâtre National de Chaillot à Paris. Premier Prix National de danse à l’âge de 26 ans et danseuse étoile mondialement reconnue à 30 ans, Rocío Molina repousse sans relâche les limites du flamenco traditionnel. Preuve de sa modernité sans concession, ses improvisations (impulsos) sont un exercice inédit. IMPULSO explore ce qui fait de Rocío Molina une danseuse hors norme, l’enfant terrible du flamenco moderne : la transgression systématique des règles, sa recherche permanente du point de rupture y compris avec son corps, et sa façon très personnelle de questionner la condition féminine au XXIème siècle.

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. ImpulsoEmilio BelmonteRocio Molina

IMPULSO – EMILIO BELMONTE

C’est de la rencontre avec Rocío Molina au printemps 2015, sa soif de collaborations artistiques qu’est né le film Impulso avec le projet de consacrer un film à l’émergence de son geste flamenco.

 . ImpulsoEmilio BelmonteRocio Molina

Le film commence avec les premiers tâtonnements, les premières interrogations et poursuit le cheminement jusqu’à la présentation de ce spectacle au Théâtre National de Chaillot. L’envie d’aller plus loin, là où on ne l’attend pas, et d’entraîner dans ses pas la culture flamenca, habite Rocio Molina. « Rocio Molina entre dans son spectacle en terrain inconnu et se met en danger. Elle perd son centre, elle se jette à la mer, elle le retrouve… » (*) L’art est le seul espace où je ne connais pas la peur ”, explique-t-elle. Emilio Belmonte filme ce courage, cette prise de risque.

. ImpulsoEmilio BelmonteRocio Molina

 La caméra suit Rocio Molina à Chaillot, dans son studio en Espagne à la campagne avec ses musiciens, sa mère, ses amis, en répétition. Concentrée, à la recherche du geste, du moment où le corps et la musique sont en syntonie, inlassablement elle travaille. Quand c’est fini, elle part courir dans son élément ou nager libre dans sa tête et son corps qu’elle habite dans la plénitude du mouvementElle impulse son énergie phénoménale dans l’espace qu’elle sculpte de son corps. « Dans son corps la beauté et le tragique sont à l’affût. (*)  »

. ImpulsoEmilio BelmonteRocio Molina

C’est une chercheuse inlassable. Elle prolonge, sublime le chemin non conformiste de Carmen Amaya.

. ImpulsoEmilio BelmonteRocio Molina

Rocio Molina arpente des territoires inconnus transgressant les thèmes classiques. L’artiste les fait siens en les ancrant en archipels de son flamenco, à la recherche de la sensation de la première fois où elle a exprimé son flamenco.

 Rocio Molina dans la plénitude du mouvement, une artiste à saisir en pleine création, un documentaire de Emilio Belmonte.

(*) Emilio Belmonte

LE THÉÂTRE DE CHAILLOT VIBRE AVEC LE FLAMENCO LIBRE DE ROCIO MOLINA INDOMPTABLE, TRÉPIDANTE

Sabine Vaillant

Couleur Bulle

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  • IMPULSO – 2018 – EMILIO BELMONTE

 France/ Espagne – 85 min – Espagnol avec sous-titres en français

 Scénario : Emilio Belmonte 

Producteur : Les Films de La Butte 

Co -Producteur : Compagnie Danza Molina 

Distributeur : Jour2Fête

 Sortie nationale : 10 octobre 2018 Avec Rocio Molina

  • ROCIO MOLINA

Née en 1984 à Malaga, danse depuis l’âge de 3 ans. Elle a sept ans lorsqu’elle ébauche ses premières chorégraphies. A dix-sept diplômée du Conservatoire royal de danse de Madrid avec les félicitations du jury. À vingt-deux ans, elle crée Entre paredes.

 2006 : El eterno retorno

2006 : Turquesa como el limón 

2007 : Almario 

2007 : Por el decir de la gente

2008 : Oro viejo

 

2009 : Cuando las piedras vuelen

 

2010 : Vinática

 

2011 : Danzaora y vinática

 

2012 : Afectos

 

2014 : Bosque Ardora –Prix Max 2015 de la meilleure chorégraphie 

 

2016 :Caída del Cielo

 

2018 : Grito Pelao avec Sílvia Pérez Cruz et Carlos Marquerie – Festival d’Avignon – Artiste associée au théâtre de Chaillot depuis 2 ans, Prix National de Danse en 2010. Deux ans plus tard, Mikhaïl Barychnikov s’agenouille à ses pieds au New York City Center, à l’issue de Oro viejo. 

Prix spécial de Danse National British Awards en 2016, Rocio Molina est une artiste internationale.

 

  • EMILIO BELMONTE

Né à Almería, en Andalousie, il y a quarante ans. Le flamenco a été le socle de son éducation artistique. Emilio Belmonte a vu danser et chanter la plupart des artistes des années 70, 80, 90. Les “sonidos negros” (les sons noirs) de Manuel Torre ou les fandangos de Chocolate le font pleurer encore aujourd’hui. Ces chants sont la mémoire d’une douleur partagée, une douleur dont on n’arrive à se débarrasser qu’à travers le chant et sa beauté sans nom. À 23 ans Emilio Belmonte arrive en France, découvre d’autres musiques, d’autres culturesIl rencontre Israel Galván, puis Rocío Molina en 2015 dont le courage et la curiosité ont transcendé l’éternelle opposition entre pureza (tradition) et avant-garde. Leur danse flamenco parle à l’homme qu’il est aujourd’hui comme jadis le flamenco post franquiste des peñas d’Almería avait parlé à l’enfant émerveillé.